J'aurais voulu naître femme...

 


[Gavroche nº37 - Avril 1997, Hélène Vissière, 
Philippe Fernandez, Véronique Leblanc]  

          «On ne naît pas femme, on le devient...» Merveilleuse Simone de Beauvoir... en parlant de la sorte, tu pensais forcément à "nos" travestis, qui consacrent leur vie à devenir femmes...

          Plus féminines que leurs modèles, plus coquettes, plus chattes, plus garces à l'occasion, plus enjôleuses, plus câlines, plus coquines, aussi toujours prêtes à séduire, la copie dépasse, parfois, le modèle original! Mais qui sont-elles, ces créatures de rêve, que l'on ne trouve, ou peu s'en faut, qu'en Thaïlande? Pourquoi en voit-on si peu en Malaisie? En Birmanie? Au Viêt-Nam? Au Laos, au Cambodge? Aux Philippines, en Indonésie? Pourquoi n'en voit-on plus à Singapour? Pourquoi ont-elles souvent cette plastique irréprochable qui les fait ressembler à Elle McPherson en saison froide, ou Naomi Campbell en saison chaude?

          A quel âge le désir d'être femme se fait-il sentir? A quoi jouent-elles à trois ans? A la poupée ou au pistolet mitrailleur? Quelle incroyable force peut amener un garçon à subir l'opération la plus irrémédiable, la plus grave, la plus traumatisante? Comment leurs familles acceptent-elles leur transformation? Peuvent-elles aimer comme une femme? Sont-elles jalouses comme un homme? Comment vivent-elles entre elles? Doivent-elles faire leur service militaire? Comment passent-elles l'immigration dans les aéroports internationaux, avec leur passeport au nom de "Monsieur", leurs longs cheveux et leur rouge à lèvres? Sont-ils des homosexuels avec quelque chose en plus... c'est-a-dire en moins?
          Voici quelques questions qu'il est difficile de ne pas se poser lorsqu'on voit pour la première fois ces créatures d'un autre monde... ou d'une autre époque. Hélène Vissiere s'est intéressée au phénomène social et à rencontré des chirurgiens spécialistes des opérations de transsexuels. Philippe Fernandez et Véronique Leblanc ont interrogé un travesti et un homme qui partage la vie d'un "kathoey", comme on les appelle en Thaïlande. Enfin, nous avons recueilli des témoignages parfois  surprenants d'hommes qui côtoient ces "femmes"...

          La salle d'attente de la clinique privée du docteur Preecha Tiewtranon ne désemplit pas. Chirurgien plastique, il est le grand spécialiste des opérations de transsexuels. En 15 ans, il assure avoir effectué 500 opérations de ce genre. 90% de ses patients sont des hommes qui souhaitent devenir des femmes, les 10% restants des femmes qui veulent une apparence d'homme. «Au départ, je faisais deux opérations par mois, j'en fais maintenant une par semaine. Mais cela ne veut pas dire que le nombre de transsexuels augmente. II y a sans doute moins de chirurgiens et c'est aussi mieux accepté dans la société thaïlandaise.»

          Les candidats à la transformation sexuelle sont jeunes dans l'ensemble même si son plus vieux patient a dépassé les 65 ans et 20% sont issus de classes très favorisées. On compte aussi de plus en plus d'étrangers. «J'ai opéré un étudiant en médecine danois et un Américain diplômé d'un doctorat en informatique», raconte-t-il. Difficile pourtant d'en conclure, en l'absence de statistiques, que la Thaïlande soit devenue un centre mondial d'opérations.

          Le Docteur Preecha n'excelle pas seulement dans les variations de plastiques sexuelles. II est aussi versé dans l'art du marketing. II a créé un site sur Internet qui donne une foule de détails pratiques sur l'opération et ses tarifs mais aussi sur les visas, les hôtels ou séjourner, les limousines de Thai Airways, et même l'attitude à adopter devant l'officier de l'immigration: «Montrez les documents de votre médecin et parlez-lui de votre future opération. II comprendra», peut-on lire sur le Net!

        Le processus commence par la prise d'hormones deux à cinq ans avant toute opération. En Thaïlande, ce type de produit est en vente libre et beaucoup commencent à en prendre dès l'adolescence. Cela explique en partie pourquoi les transsexuels thaïlandais sont souvent d'une grâce et d'une beauté exceptionnelles. La majorité des hommes thaïlandais bénéficient aussi d'une constitution déjà très fine et d'une pomme d'Adam quasi invisible. Pourquoi? «Les Thaïlandais ont un petit cou et une peau plus épaisse», répond le Docteur Apirag Chuangsuwanich, chirurgien à l'hôpital Sirirat qui pratique une opération de transsexuel par mois.

          Sheila, 25 ans, qui s'est fait opérer il y à trois ans, a démarré les hormones femelles à 14 ans en se renseignant auprès de ses copains. «Je me sentais femme depuis l'âge de six ans» explique-t-elle. Au bout d'un moment, les poils arrêtent de pousser, la peau devient plus douce et la poitrine se forme. Sheila s'est ensuite fait poser un implant de silicone dans la poitrine, puis lorsqu'elle a eu économisé assez d'argent, elle s'est présentée à l'hôpital Chulalongkorn.

          Avant toute opération de ce genre, le patient doit subir une batterie de tests psychologiques, histoire de déterminer que ses troubles de l'identité sexuelle remontent bien à l'enfance et qu'il n'est pas simplement un homosexuel très efféminé. «Ces derniers prennent plaisir à la masturbation mutuelle par exemple alors que les vrais transsexuels détestent leur pénis, ou du moins n'en veulent plus, car ce n'est pas à eux», explique le docteur Suwatana, psychiatre à l'hopital de Chulalongkorn.

          «Ils se pensent en femmes et donc comme elles, aiment les caresses, les baisers. Ils rejettent en revanche les caresses sur les organes génitaux et sont passifs dans l'acte sexuel». «Ce ne sont en aucun cas des malades», poursuit le docteur qui a lancé une étude sur une quarantaine de patients. «Ce n'est pas une perversion mais une déviation. Ils se sentent malheureux dans un corps qui ne leur correspond pas».

          L'opération dure trois ou quatre heures. Le chirurgien détache la peau des testicules et du pénis, puis procède à l'ablation des testicules. Il crée ensuite un vagin artificiel entre le rectum et l'urètre avec une partie de la peau du scrotum et du pénis. II y introduit ensuite un moule en plastique qui restera à l'intérieur pendant trois mois pour lui donner une forme et éviter que les tissus ne se rétractent.

          II détache l'urètre du pénis et lui aménage une nouvelle ouverture puis ampute le pénis. Enfin, il crée à partir de la peau du scrotum, les lèvres. Dans 20% des cas, une nouvelle opération est nécessaire car même avec le moule, le vagin se révèle parfois trop étroit. «Certains patients sont parfois déçus par la forme des lèvres qui n'est pas toujours identique à celle d'une vulve normale», note le docteur Apirag.

          «Souvent, assurent Sheila et ses amies, nos partenaires ne se rendent pas compte que nous avons été opérées». «Il est vrai qu'on ne sent pas toujours la différence», renchérit le docteur Preecha. «Et les transsexuels ont beaucoup de succès car elles sont d'une grande habileté pour satisfaire les hommes».

          «Autour du pénis, se trouvent des nerfs que l'on garde avec la peau pour former le vagin. Cela permet au transsexuel de conserver une sensibilité et de continuer à éprouver une excitation sexuelle», précise le docteur Apirag. «C'est à 70% comme avant», avoue Sheila. Mais elle ne regrette rien. «Je voulais être belle». La transformation d'une femme en homme s'avère beaucoup plus compliquée et nécessite au moins trois opérations. II est possible de créer un pénis avec la peau du ventre ou des bras mais bien souvent, il ne restera qu'un objet de "décoration".

          L'opération de changement de sexe revient [à] entre quatre et six mille dollars et les implants de poitrine à deux mille cinq cents dollars. Mais souvent, les transsexuels ne s'arrêtent pas là et se font faire de la chirurgie esthétique, et même une opération des cordes vocales mais le résultat n'est pas garanti.

          Les causes de la transsexualité restent mal connues. Selon un document sur Internet d'une association de transsexuels, il y aurait une variation du niveau hormonal à un moment de la gestation du fœtus. Mais la cause organique n'explique sans doute pas tout. Le docteur Suwatana a noté que 50% de ses patients, soit une vingtaine, étaient le petit dernier de la famille. «Les familles thaïlandaises ont tendance à surprotéger les enfants, à les couver de manière excessive», reconnait elle.

          Pour un Farang, le plus frappant demeure l'apparente intégration des transsexuels à la société. Contrairement à l'Europe où ils sont totalement marginalisés et cantonnés à la prostitution, en Thaïlande on les rencontre partout, ce qui laisse croire parfois qu'ils sont plus nombreux qu'ailleurs, chose d'ailleurs impossible à vérifier. Beaucoup occupent des emplois "normaux", d'autres deviennent des stars du show-biz et jouent dans des feuilletons populaires ou dans des pubs télé.

          Malheureusement, peu de sociologues semblent s'intéresser au sujet. Pour le docteur Suwatana, "la société est plus ouverte, plus tolérante. Les Thaïlandais ne regardent pas ce que fait leur voisin tant que ca ne les concerne pas. Cela dit, ce n'est souvent qu'une apparence trompeuse. Les transsexuels souffrent aussi de discrimination et sont en butte comme partout à des moqueries et à des critiques».

Hélène Vissière

http://terminushongkong.free.fr/pays/thailande/pj_11_t_vissiere.html 

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Copies chéries... 
          Un journaliste demanda un jour à Louis Armstrong «Qu'est-ce-que le jazz?» Le grand Louis, malicieux comme toujours, répondit «Si vous le demandez, vous ne le saurez jamais!» Il faut parfois répondre soi-même aux questions que l'on pose... Gavroche se jette à l'eau, mais il ne se mouille pas: il donne la parole à ses lecteurs. A ceux qui ont connu la troisième dimension, et qui ont bien voulu témoigner.

Adrien, Paris: 
Je vous joins une photo d'Arizona. La semaine dernière, elle s'appelait Lutétia, avant elle s'appelait Malissa. Elle change de nom en changeant d'amant. Je l'ai connue Lugano, Nevada, Venezia... Un jour, elle rencontrera un Russe et s'appellera Berezina... Je lui souhaite de ne jamais rencontrer un banlieusard du Kremlin-Bicêtre ou de Bourg-la-Reine. Elle aimait tout ce qu'elle faisait et elle faisait tout ce qu'elle aimait. Elle adorait les photos, et voulait toujours que je la prenne. En photo, bien sûr. Regardez celle-ci: dirait-on un travesti? Elle est magnifique, non? Comment peut-on refuser quoi que ce soit, lorsque c'est demandé avec un tel sourire? Comment s'appellera-t-elle l'année prochaine? Colombia? Yokohama? Casa-blanca? Peu importe, d'ailleurs, mais je ne voudrais pas Pinatubo...

Alain, Marseille: 
Une anecdote ? Pas difficile... Je vais tout de même changer les prénoms, je ne voudrais pas risquer de gêner. Nam est une jeune fille très belle, vraiment très belle. 20 ans, un visage africanisé, la Navy est passée à Phuket il y a 21 ans... Elle est grande, je dirais 1m70, des seins sublimes, 270 centimètres cubes, cambrée à damner un Marseillais... Naturellement, elle est aussi opérée en bas; bref, tout ce qu'il faut pour rendre un homme heureux. Elle sortait avec un Farang, et là encore, pour ne gêner personne, je ne mentionnerai pas sa nationalité... Disons qu'il était francophone, une fois... Qu'il s'appelait Pierre et qu'il avait le même accent que Jacques Brel, sans la poésie. Lorsque Nam allait voir ses amies, régulièrement, Pierre se moquait d'elles! Ses réflexions se voulaient teintées d'humour, par exemple «Tu as vu le trav'? Ouh la la qu'il est moche!» ou encore «C'est drôle qu'une belle fille comme toi fréquente des travestis»... et même, un jour, «je n'aime pas les travestis, ils sont ridicules!» Alois Nam en a eu assez, elle lui a dit: «Arrête de te moquer de mes amies, moi aussi je suis un travesti!» Pierre et Nam sont restés ensemble trois semaines, le temps des congés payés... puis Pierre est rentré chez lui. Il n'a jamais cru Nam. Il est persuadé qu'il a passé ses vacances avec la plus belle fille dont il puisse rêver!

Gérard, Saint-Tropez:
Une femme n'apprend pas à mentir. Elle sait, dès sa naissance. Nous, nous devons apprendre, pour nous défendre, souvent. Elles mentent par plaisir, nous par nécessité. Dans ce domaine, elles nous sont donc supérieures! Lorsque j'ai cohabité pour la première fois avec une Lady-boy, j'ai pensé: «elle est très belle, et de plus, malgré cette fantastique carrosserie, sa nature reste masculine... donc elle ne sera pas jalouse, et ne saura pas mentir... Elle sera ma copine la nuit et mon copain le jour!». Naturellement, c'était penser bien rapidement, et bien naïvement. Car elles sont plus jalouses, el mentent beaucoup mieux! Leurs mensonges sont nettement plus élaborés que le simple "Demain, je vais à Bangkok" ou "Maman ne va pas bien du tout"... De plus, puisque leur nature est masculine, elles nous connaissent mieux que leurs rivales, et savent mieux déjouer nos mensonges les plus savants... Un jour, j'ai été surpris en très mignonne compagnie, et cet encart de conduite a été immédiatement signalé à ma Ladyboy, par ses petites camarades qui aiment voir, savoir et faire savoir... J'ai inventé un mensonge dont j'étais très fier, pour me disculper: «Cette fille est la sœur de mon ancienne copine, c'est une gamine, et il est infâme de penser que je papillonne avec elle ! Montre-moi ceux qui t'ont dit cela !» «Non, toi, montre-moi la sœur !» Esprit de repartie digne de Bouvard, Kersauson et Dutourd réunis ! Cela m'a rappelé cette maxime d'un maitre en matière de femmes : "Si les femmes nous mentaient moins, elles nous croiraient plus."

 

François-Xavier, Paris: 
Les travestis? Je les adore, pour mille raisons. En voici une... Koh Samui, 1992. Reggae Pub, Chaweng Beach. Ils ou elles -disons elles- ont l'habitude de se mettre dans un coin relativement discret, ce qui est étonnant de leur part... Elles se retrouvent toutes là, elles aiment bien être ensemble. Au moins en début de soirée. J'apprécie leur compagnie, elles sont très extraverties, on ne s'ennuie jamais en leur présence. Tout à coup, Natasha se met à danser... Qui n'a pas vu danser Natasha n'a pas tout vu... Elle donne une dimension supplémentaire à la danse ! Elle est le spectacle à elle toute seule! Avant que "Please don't go" ne soit terminé, les jolies petites Farangs qui se trémoussaient sont allées se rasseoir. C'est incroyable, je n'ai jamais vu danser comme ca! Pourtant je passe plus de temps en boite de nuit qu'au bistrot! Hérode à sacrifié Jean-le-Baptiste après avoir vu danser Salomé... Aujourd'hui, j'ai peur de le comprendre! Comment résister à ce tourbillon de sensualité, de charme, de rythme, de magie? Natasha-Salomé... Cette image ne me quitte plus... La suite... Natasha et moi, nous nous sommes aimés... Puis l'heure de mon départ est venue, trop vite. Je lui ai dit: «Donne-moi ton adresse, je t'écrirai, je t'enverrai la Tour Eiffel et le Sacré-Cœur, et je reviendrai...» Elle m'a dit: «J'habite là, mais mon adresse je ne la connais pas.» Puis elle a ajouté": «Tu n'as qua écrire à Natasha, derrière le Chicago Disco.» J'ai souri... mais je l'ai fait! Trois mois plus tard, je retrouvais Natasha et la douzaine de lettres que je lui avais écrites... derrière le Chicago!

Michel, Montpellier: 
Moi, ce que je ne comprends pas chez les travestis, c'est cette manie des seins énormes, disproportionnés. Lolo-ferraresques! J'aime les rondeurs, chez une femme, mais ces rondeurs sont toutes à la puissance 2 chez leurs imitatrices! Quelles cylindrées! Les plus modestes, les plus raisonnables, se contentent de 250 centimètres cubes... Nous restons dans les normes de l'esthétique, mais au-delà, nous quittons les canons de la beauté pour entrer dans le livre Guinness des records! Cela explique les surnoms dont on les affuble souvent, Yamaha, Suzuki, Goldwing... N'y a-t-il donc personne pour les inciter à plus d'humilité? Ou bien existe-t-il de nombreux adeptes du silicone?

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ENTRETIENS
Nat: Si je suis né(e) garçon, c'est une erreur de la nature...

          Le rendez-vous est fixé chez un de ses amis farangs en début d'après-midi. Elle a accepté l'interview sans difficulté. Je redoute qu'elle ne change d'avis au dernier moment. «Tu verras, c'est une sacrée belle plante», m'avait-on prévenu. Elle arrive finalement à l'heure convenue, chevauchant un V-Max, habillée de cuir. De son mètre quatre-vingts, elle me toise rapidement avant de me tendre la main. «Hello, I'm Nat...» Danseuse-vedette dans un cabaret de travestis de Pattaya, elle se met tout de suite à son aise. Un brin provo, pour une heure aussi "matinale", elle s'assied prés de moi. J'enclenche le magnéto...

Gavroche: Pourquoi es-tu travesti? 
Nat: Enfant, mon père me faisait peur, et ma mère était douce. Je l'aidais il élever mes frères et sœurs, je ne la quittais pas. Par la suite, j'ai voulu m'habiller comme elle, me maquiller comme elle...

G.: Comment as-tu imposé ta féminité à ta famille? 
Nat: Je n'ai rien imposé; à quinze ans, je suis parti(e) chez ma sœur à Bangkok. Avant, je plantais du riz, je gardais les buffles, et parfois j'aidais mon père qui construisait des maisons. Mais je faisais très attention à mes mains...

G.: Donc, tu avais quinze ans quand tu es arrivée à Bangkok. Et après? 
Nat: J'ai travaillé dans le salon de beauté de ma sœur, et cela n'est pas précisément un travail de garçon... Par la suite, ma sœur m'a dit que je devais agir selon ce que je ressentais et que pour sa part, elle m'accepterait toujours, quels que soient mes choix.

G.: Comment tes parents ont réagi lorsqu'ils ont su? 
Nat: Mon père s'est mis très en colère, et c'est ma mère qui l'a calme'. Elle a été formidable. Après, il m'a accepté telle que j'étais devenue.

G.: Cela n'aurait-il pas été plus simple de rester garçon, et de sortir avec d'autres garçons comme toi? 
Nat: Absolument pas! Je suis une femme, j'aurais du naître femme. Si je suis née garçon, c'est une erreur de la nature! D'ailleurs, je ne suis jamais sortie avec des mecs qui aiment les mecs! Je ne suis pas homosexuelle, je voudrais que vous disiez cela à vos lecteurs!

G.: Nous le dirons... Et toi, dis-nous: est-il difficile d'être "kathoey" en Thaïlande? 
Nat: Nous menons, pour la plupart, une vie tout à fait normale. Quelqu'un de chez nous a dit: «Il existe autant de variétés de kathoeys que de variétés d'orchidées (sic!)»... et il précisait que l'on en dénombrait, à ce jour, plus de trente mille!

G.: Parle-nous de ta vie au quotidien. 
Nat: Je travaille au "Simon Cabaret" de Pattaya. L'après- midi, on répète pour le show du soir. Car notre spectacle change tous les jours. Donc, nous dansons de 15h à 17h, et le soir, tous les artistes doivent être présents de 20h à minuit. Tu vois, il reste peu de temps pour manger, faire la lessive, regarder la télé et dormir!

G.: Et ta vie privée? 
Nat: Je préfère ne pas en parler, cela ne porte pas bonheur en Thaïlande... Mais j'ai un boy-friend, et il n'aime que les femmes, si c'est ce que tu veux savoir!

G.: Quelles sont tes relations avec les autres femmes? 
Nat: La plupart me considèrent comme l'une d'entre elles; certaines pensent que nous sommes des dangers pour leurs maris. Celles-ci, je les évite, autant qu'elles m'évitent. Je n'ai jamais eu de problèmes avec les femmes.

G.: ...et avec les hommes? 
Nat: Quels hommes? Les Farangs?

G.: Oui. 
Nat: Souvent, ils me font des propositions, et c'est très agréable, même si je ne peux pas les accepter... Tu sais, dire à une femme qu'elle est belle fait toujours plaisir! Nous avons besoin d'être rassurées tous les jours!

G.: Connais-tu des travestis farangs? 
Nat: Oui, j'en ai connu une, une Française d'ailleurs.

G.: Peux-tu nous en dire un mot? 
Nat: Elle était gentille, son mari aussi. Ils m'ont écrit deux fois. Je ne savais pas que les travestis pouvaient se marier en France!

G.: Qu'est-ce qui t'intéresse dans la vie? 
Nat: La musique, la danse et mon boy-friend. J'aime bien regarder la télé, aller au cinéma, j'aime coudre, je fais moi-même toutes mes tenues de scène.

G.: Et la politique? 
Nat: Cela ne m'intéresse pas. Ce n'est pas mon métier.

G.: Sais-tu combien il y a d'habitants en Thaïlande? 
Nat: Non. Plusieurs millions... C'est utile de le savoir?

G.: Pas vraiment. Connais-tu le nom du président des Etats-Unis d'Amérique? 
Nat: Non. A quoi bon? Je ne le rencontrerai jamais!

G.: Es-tu heureuse? 
Nat: Oui! Je fais tout ce que j'aime, j'ai écarté de ma vie ce qui ne me rendait pas heureuse...

G.: Quoi par exemple? 
Nat: Enfant, ma grand-mère me donnait un baht par jour. Pour manger. Avec un petit baht par jour, tu n'as pas le temps de t'occuper des problèmes des autres. Quand mon boy-friend regarde la télé, s'il y a la guerre en Afrique, ca le rend malheureux... II ne peut rien changer... Alors pourquoi regarder?

G.: Comment envisages-tu ton avenir?
Nat: Je vais danser encore quelques années, puis j'ouvrirai un salon de beauté. J'ai un diplôme... et je voudrais élever un enfant. Moi je n'en aurai pas, mais mon jeune frère en aura... Je voudrais qu'il ait un garçon!

G.: Es-tu déjà sortie de Thaïlande?
Nat: Oui, j'ai passé deux ans à Hong Kong. Je dansais déjà dans un cabaret. On gagne beaucoup d'argent, mais la vie n'est pas agréable.

G.: Donc tu es revenue...
Nat: Oui, j'aime mon pays. Je viens de Surin. Mes parents y sont toujours. Je vais les voir régulièrement. Lorsque je me trouvais à Hong Kong, ils me manquaient.

G.: Quelles sont tes couleurs préférées?
Nat: Le rouge et le noir. Pourquoi cette question?

G.: Pour te connaître et te faire connaître. Tu seras une star pour tous les lecteurs du Gavroche! (rires) 
Nat: C'est un peu tard, j'ai déjà 26 ans...

G.: C'est le meilleur âge! Dis-moi, si tu reviens sur terre, as-tu un souhait il formuler?
Nat: (sans hésiter) Naitre femme!

G.: Merci Nat...

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Bruno : Je vis avec une « copie » 

Bruno, la quarantaine fringante, est un séducteur. L'œil bleu acier, le sourire charmeur, des manières de gentleman, deux mariages et deux enfants à son actif... Et pourtant, depuis trois ans, Bruno vit avec un travesti, Nat, une superbe créature à la silhouette souple, aux courbes parfaites et aux longs cheveux. Nous sommes allés lui demander comment et pourquoi un homme qui aime les femmes qui aiment les hommes a choisi de partager sa vie avec une "copie".

Gavroche: Comment s'est passée ta première rencontre avec un ladyboy ?

Bruno: La première fois que je suis tombé amoureux d'une "copie" (c'est le nom que je donne aux travestis opérés), je ne me suis rendu compte de rien. II y a huit ans, j'étais sur la plage, quand j'ai vu sortir de l'eau la doublure de Pamela Anderson. Une femme qu'on ne voit que dans les magazines, sur papier glacé... Et cette femme de rêve, elle me parlait, elle riait, elle était vivante, tout à côté de moi... J'ai su plus tard que cette femme était en fait un travesti... mais je n'ai jamais pu dire "il" en parlant d'elle! C'est tout naturellement que nous avons commencé à vivre ensemble...

Gavroche: N'est-ce pas un peu difficile à assumer de vivre avec un travesti ?

Bruno: Tu sais, j'ai toujours essayé d'être honnête avec moi-même. Quand j'ai rencontre ma première copie, je ne savais pas que c'était (ou du moins que ça avait été) un homme un jour. Nous avons passé des moments merveilleux ensemble, nous étions heureux, et quand j'ai appris que Tchay était un kathoey, je n'allais pas renier ce bonheur sous de mauvais prétextes: le poids d'une éducation, la morale d'un Vieil Occident qui croule sous les tabous et les interdits... II faut être cohérent et ne pas brûler un jour ce qu'on a encensé la veille.

Gavroche: Qu'est-ce qui t'a poussée à recommencer l'expérience?

Bruno: La curiosité bien sur! On se trouve face à un phénomène qu'on ne connaît pas, qu'on ne comprend pas... C'est la découverte d'un univers fascinant. Les "copies" sont souvent très attachantes : "L'épreuve du feu" (l'opération), cette mutilation qu'elles ont choisie pour réaliser leur rêve, leur donne une profondeur et un caractère uniques. On ne s'ennuie jamais avec un kathoey...

Gavroche: Et donc, depuis cette première rencontre, tu as pris gout aux travestis?

Bruno: Je ne suis pas "abonné" aux travestis, bien au contraire! J'aime les femmes, je les ai toujours aimées, je revivrai surement avec une "vraie femme" (génétiquement parlant) un jour... Mais je voudrais juste préciser que pour le moment, je n'ai pas l'impression de vivre avec un homme! Je n'ai jamais été tenté par une relation homosexuelle, et tant pis pour ceux qui pensent qu'on doit forcément avoir des tendances de ce genre pour vivre avec une "copie"! Nat est physiquement délicieusement féminine, c'est sa vraie nature, elle est douce, très "femme d'intérieur", elle adore s'occuper de la maison, ranger, organiser... Tant de qualités chez une seule femme, c'est plutôt rare! Je considère Nat comme une femme à 100%; l'idée qu'elle a un jour été un garçonnet ne m'effleure jamais...

Gavroche: Alors, si la copie est si proche de l'original, qu'est-ce qui pousse un homme à choisir la copie?

Bruno: Ah, tout ça, c'est encore une histoire d'ego masculin! Le plus grand rêve d'un homme, c'est d'entrer dans un restaurant avec une belle femme à son bras, et que tout le monde le regarde avec envie. Eh bien, quand tu sors avec une ladyboy, 1m70 de carrosserie parfaite, des seins à couper le souffle, une croupe ferme, de longues jambes fuselées, le tout moulé dans une tenue suggestive, c'est toute l'assemblée qui s'arrête de respirer! Ces filles sont de vraies bombes. Elles assument totalement leur féminité, et même, elles la revendiquent. Elles ont passe tant d'épreuves, elles ont tellement "travaillé" et souffert pour en arriver à cette imitation quasi-parfaite qu'après, elles mordent la vie à pleines dents... Souvent les femmes n'assument pas totalement leur féminité, leur séduction, leur sensualité, de peur d'être mal jugées... Les "copies", elles, sont totalement extraverties. Elles veulent être regardées, admirées, enviées, aimées. Elles ne passent pas inaperçues. Elles ronronnent, minaudent, charment, usent de toutes leurs armes préfabriquées pour séduire... Alors, devant ces créatures plus femelles que femmes, l'homme fond...

Gavroche: Et l'homme ferme les yeux pour oublier le petit garçon qui se cache derrière la femme fardée?

Bruno: Non, au contraire... L'homme ouvre très grand les yeux. Et la, il ne voit plus que la Femme...

Propos recueillis par Véronique Leblanc / Photos: Bruno Amouroux

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"Aparté nirvanesque" 
[crédit photo: Enamorado]

 

Commentaire du photographe:
grâce, douceur, élégance, tendresse, pudeur
mais aussi sensualité, générosité,
fragilité,
innocence mais aussi exubérance...

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[crédit photo: Enamorado]

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[crédit photo: Enamorado]

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Femme jusqu'au bout des ongles... 
[crédit photo: Enamorado]

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Lire un article [en anglais] sur ce sujet:
Male Homosexuality and Transgenderism in the Thai Buddhist Tradition

Lire un article [en français] sur ce sujet: 
Bouddhisme et transsexualité

Lire un article [en français] sur ce sujet: 
Pattaya éclectique: Miss Tiffany's Universe 2010

Lire un article [en français] sur ce sujet: 
LES KATOEYS, HISTOIRE D'UN TABOU THAILANDAIS

Lire un article [en français] sur ce sujet: 
Quelques réflexions pour établir la chronologie 
du "phénomène transsexuel": 1910-1995

 

Lire un article [en français] sur ce sujet:
Kathoeys: le troisième sexe

Enquête exclusive - L'étonnant destin des transsexuels thailandais

 

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          Le cartooniste Stephff nous fait partager son regard sur l'actualité marquée ces jours-ci par le recrutement, par une compagnie aérienne naissante, PC Air, de personnel navigant transsexuel. La nouvelle compagnie aérienne régionale a en effet décidé d'engager du personnel du troisième sexe, rapportait mardi The Nation.

[REMARQUE PERSONNELLE: ce dessin est ridicule et montre une grande méconnaissance du sujet. D'habitude, Stephff (que j'estime en tant qu'artiste) est beaucoup plus juste et affûté dans sa vision de la société thaïlandaise. En outre, il s'accompagne malheureusement d'une 'légende' très mal rédigée et qui comporte des fautes d'orthographe indignes d'un journal 'en ligne' qui vient de fêter son 10ème anniversaire. RV, fin janvier 2011]

          "Nous avons fait le bon choix en abattant les barrières et en permettant aux transsexuels d'obtenir ce genre d'emplois hautement considérés par la société", a déclaré l'un des fondateurs Piyo Chantraporn, aussi diseur de bonne aventure.

          PC Air, qui a ouvert officiellement son recrutement lundi, a déjà engagé 30 membres d'équipage parmi lesquels 17 femmes, 10 hommes, et trois transsexuels dont l'ancienne Miss Tiffany Universe 2007, Thanyarat Chirapatpakorn.

          Ces derniers porteront une plaque "troisième sexe" pour faciliter leur identification auprès des passagers et des services d'immigration.

        PC Air devrait débuter ses vols charters au mois de mars, en partance de l'aéroport Suvarnabhumi. Pour l'instant, le fondateur n'a pas précisé les villes desservies, mais le Bangkok Post rapporte que Seoul, Tokyo, Osaka et certains villes chinoises seront sur la liste.

            La Thaïlande possède une large communauté de transsexuels relativement intégrée sur le marché du travail même si elle dénonce toujours des discriminations.

(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) jeudi 27 janvier 2011

 

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SOCIETE – Les opérations de changement de sexe, une spécialité toujours thaïlandaise

Alors que plusieurs pays ont récemment modifié leurs lois en facilitant l'accès aux opérations de réassignation de genre et en octroyant le droit de changer de sexe sur les passeports, la Thaïlande se place toujours comme le pays spécialiste de ce type d'opération chirurgicale. Néanmoins, le gouvernement a souhaité renforcer le contrôle pour les patients souhaitant suivre la procédure légale, suscitant la colère de chirurgiens qui jugent ces mesures inutiles

Les petites annonces pour des opérations de chirurgie plastique ou de changement de sexe sont légion dans les magazines thaïlandais, avec des prix pouvant aller de 1.600 dollars à près de 15.000 dollars (Photo LPJ Bangkok)

La Thaïlande est connue depuis plus d'une dizaine d'années pour être le paradis des hommes et femmes qui souhaitent changer de sexe, proposant des opérations à bas prix pour une qualité qui reste souvent supérieure à celles pratiquées dans d'autres parties du globe, sans pour autant demander - jusqu'à récemment - beaucoup de démarches administratives.

Face à un phénomène en augmentation, selon un article réalisé par l'Association des jeunes chercheurs en psychopathologie et psychanalyse, plusieurs gouvernements ont récemment facilité les procédures de changement d'identité résultant d'une opération, ou l'accès à des soins médicaux spécifiques. Depuis jeudi dernier, les voyageurs transgenres n'ont plus besoin d'avoir été opérés pour modifier leur statut sur les passeports américains, selon une annonce du Département d'Etat. En Australie, l'Etat du New South Wales a accordé en début d'année le droit à ses résidents d'éviter la distinction masculin/féminin, et Cuba a mis en place des opérations de changement de sexe sponsorisées par l'Etat. Fin février, la France a même franchi un pas historique en étant le premier pays au monde à ne plus considérer le transsexualisme comme une pathologie mentale.

Mais la plupart de ce type d'opérations se déroule dans le pays qui compte certains des meilleurs chirurgiens plastiques au monde : La Thaïlande. "En moyenne, environ 30.000 hommes viennent se faire opérer chaque année en Thaïlande pour changer de sexe. On estime par ailleurs le nombre de "ladyboys" dans le pays à 200.000, bien que peu de statistiques circulent à ce sujet", précise le docteur Preecha Tiewtranonth, chirurgien spécialisé dans les techniques de réassignation de genre. Selon lui, malgré la difficulté pour obtenir des chiffres, cela ferait de la Thaïlande la destination la plus appréciée pour les personnes souhaitant changer de sexe. 

Une loi plus contraignante
Mais le gouvernement rend désormais la tâche plus difficile pour les patients souhaitant suivre la procédure légale. Outre le fait que changer de sexe est totalement illégal en Thaïlande avant l'âge de 18 ans, et sous consentement parental entre 18 et 20 ans, il faut depuis novembre prouver être psychologiquement apte à subir une telle opération. Quiconque souhaitant être opéré doit vivre comme une femme pendant un an, prendre un traitement hormonal et obtenir l'approbation de deux psychiatres. Selon Punlop Tongchai, patient opéré une semaine avant l'application de la loi, c'est trop demander. "Ce n'est pas quelque chose de nécessaire. Je ne voulais vraiment pas avoir à passer par ce processus, alors j'ai décidé d'être opéré avant que la loi ne soit appliquée", explique-t-il. Mais tout le monde n'est pas de cet avis. La militante des droits des gays, Nathee Teerarojanapong, pense ainsi qu'un renforcement des protections juridiques est nécessaire pour éviter des changements de sexe trop hâtifs. "J'ai reçu tellement d'appels de personnes me disant regretter d'avoir changé de sexe", explique Nathee. "Ils ont fait une grosse erreur et veulent redevenir comme avant. Mais ils ne peuvent pas!" Car en plus de l'impact psychologique de la chirurgie, il faut aussi tenir compte des effets secondaires des hormones qui doivent être prises pour accélérer la transformation, pouvant entrainer nombre de complications.

Se sentir en accord avec soi-même
Pour son opération, Punlop est allé voir Thep Vedusit, un chirurgien de Bangkok qui se targue de réaliser des interventions rapides sans l'utilisation de l'anesthésie générale, et qui croit que ces nouvelles règles créent des obstacles inutiles. Ce dernier déclare avoir réalisé plus de 500 opérations de changement de sexe, et reçoit deux ou trois patients chaque semaine – dont la moitié sont des étrangers venus profiter des avantages de la loi thaïlandaise. "Je pense qu'un chirurgien peut prendre la décision de qui est un transsexuel ou non… Chaque patient a exprimé pendant très longtemps la volonté d'être opéré et je ne pense pas qu'un psychiatre puisse être d'un quelconque bénéfice", explique Thep. En tout cas, un mois après son opération, Punlop est très heureux d'être enfin devenu une femme, "Cela a été mon rêve depuis que je suis enfant. Est-ce que je suis heureuse? Oui, je le suis", explique-t-elle avec le sourire.
(http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html avec AFP) mercredi 16 juin 2010

Lire aussi l'article de l'Association des jeunes chercheurs et psychopathologie et psychanalyse
Lire aussi l'article du Figaro, France : Le transsexualisme n'est plus une maladie mentale

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SOCIETE – Les appelés transsexuels désormais classés "type 2" ou "type 3"

Catégorisés auparavant comme "psychologiquement anormaux" ou ayant un "trouble de l'identité" dans les rapports d'examen pour l'appel au service militaire, les transsexuels se feront dorénavant notifier "type 2" ou "type 3", rapportait hier le Bangkok Post. Le ministère de la Défense a en effet amendé la Loi de conscription de 1954, après les critiques répétées des groupes de défense des droits de l'Homme critiquant la discrimination que subissaient les transsexuels. L'appellation "type 2" réfère aux hommes ayant subi une augmentation mammaire et le "type 3" à ceux ayant reçu une chirurgie complète pour changer de sexe. Normalement, les transsexuels sont exemptés de service militaire à moins que l'armée manque d'effectifs. "Seuls les types 1 (des hommes à l'apparence masculine) sont requis pour le service militaire. Mais si leur nombre est insuffisant, alors les personnes de type 2 seront appelées à participer, malgré leur implant mammaire", a précisé le directeur des ressources académiques de la réserve de l'armée, Thaksin Chiamthong. Cette année, l'armée aurait besoin de 97.820 conscrits âgés de 21 ans, soit une augmentation de 9.828 par rapport à 2010. De façon permanente, l'état-major doit enrôler 73.503 soldats en plus, principalement pour les divisions basées à Pattani, Chiang Mai, et Khon Kaen, ajoute le quotidien. En Thaïlande, les hommes âgés de 21 ans doivent faire un service militaire de 2 ans.

P.B. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) lundi 21 mars 2011

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SOCIETE – Les transsexuels gagnent une bataille juridique face à l'armée

Le tribunal administratif a ordonné mardi au ministère de la Défense d'arrêter de qualifier les transsexuels qui n'ont pas eu d'opération de changement de sexe comme personne ayant un "trouble mental permanent", rapportait le Bangkok Post. Le terme, inscrit dans les rapports d'examen pour l'appel au service militaire, était jugé insultant et devrait être remplacé par "trouble de l'identité sexuelle". Le rapport d'examen pour l'appel au service militaire, appelé Sor Dor 43, est un document habituellement fourni avec les demandes d'emplois, et le terme "trouble mental permanent" empêche de nombreux transsexuels de trouver un travail décent. Des associations promouvant la diversité sexuelle devraient prochainement mettre en place des groupes de surveillance afin de s'assurer de l'utilisation de la nouvelle appellation dans les documents administratifs. Les transsexuels sont notifiés "type 2" ou "type 3" par l'armée, "type 2" se référant aux hommes ayant subi une augmentation mammaire, et "type 3" à ceux ayant reçu une chirurgie complète pour changer de sexe. Les transsexuels sont en général exemptés de service militaire sauf si l'armée manque d'effectifs.

M.B. (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) jeudi 15 septembre 2011 

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http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=12032  

Australie / passeports : Homme, femme, et "indéterminé"

Par Laure Daussy le 15/09/2011

Le débat sur l'enseignement du genre dans les manuels de SVT a révélé la complexité de l'identité sexuelle - masculine, féminine, mais aussi parfois "intersexuée" (sans sexe physiquement identifiable), ou transsexuelle. En France, et dans de nombreux pays, les documents administratifs ne proposent comme catégorie que "homme" ou "femme". En Australie, selon le site Mercurynews.com, les passeports proposeront désormais un "troisième genre" : "indéterminé". L'objectif, affiché par le gouvernement australien, est de lutter contre les discriminations envers les personnes "transgenre".

Les personnes transgenre et celles dont le sexe est ambigu pourront donc désormais se définir avec un "X" sur les passeports australiens, à condition qu'un médecin atteste de leur choix. Auparavant, il n'y avait le choix qu'entre homme et femme, et les personnes pouvaient changer de genre sur leur passeport, uniquement s'ils avaient subi une opération. "C'est une avancée importante pour les droits humains", souligne une sénatrice australienne : des personnes génétiquement ambiguës étaient "arbitrairement assignées à un genre", maintenant, ils ont le droit de se définir comme "indéterminés".

La revendication se fait entendre également pour les réseaux sociaux. Récemment, l'association américaine All out a lancé une pétition pour que Facebook permette de se présenter sous un troisième sexe. Interviewée par Ecrans.fr, cet été, la porte-parole américaine de l'association Prerna Sampat souligne :"En reconnaissant le troisième genre, Facebook peut accélérer la reconnaissance de l'identité trans à travers le monde."(...) "Sur Facebook, on peut choisir sans limite ses religions, points de vue politique, langages et intérêts, pourquoi les options de genre seraient strictement limitées alors que c'est une partie essentielle de ce que nous sommes ?". Selon "elle", l'Inde, le Pakistan et le Népal ont déjà reconnu légalement l'existence de ce troisième genre, de même que le réseau social Google +.

Elle estime à 100 millions le nombre de personnes dans le monde qui se considèrent comme "transgenre". Terme qui regroupe à la fois les "genderqueer" (sans traduction française), personnes qui se sentent à la fois hommes et femmes, les transsexuels, personnes qui ont changé de sexe, ou encore les travestis, personnes dont le comportement est différent de celui attendu par la société pour les gens de son sexe biologique (soit un homme habillé en femme, par exemple).

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Genres Pluriels ASBL - Activités et permanences

Visibilité des personnes aux genres fluides et intersexes

Infos sur le site de Genres Pluriels

Mail : contact@genrespluriels.be

Site : www.genrespluriels.be

00-32(0)487/63 23 43

N'hésitez pas à diffuser l'information aux personnes qui vous sembleraient intéressées. 

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   Thailand's Got Talent : Boy or Girl? (English Subtitle)                               



19/11/2010
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