Niels Colov: un Pattayen dans l’âme

C'est une figure incontournable de Pattaya. Il est omniprésent: on le voit quasiment tous les jours à la télévision locale, en photo dans les journaux, intervenant dans tous les évènement socioculturels, sans jamais se départir de son sourire éclairant un regard tendre et passionné pour ses concitoyens.


Arrivé ici par le plus grand des hasards il y a plus de 30 ans (il en a 60), il décide de s'établir. Pendant les quinze premières années, il se contente de gérer à distance sa société danoise de distribution de films basée à Copenhague et qui lui permet de bien vivre.

Mais à la longue, ses activités caritatives au sein du Rotary Club ne lui suffisent plus et il met le doigt dans l'engrenage. Sa première démarche professionnelle est de fonder le Pattaya Mail en 1993 avec Bill Ogan (également à l'origine du magazine «What's on» et aussi père de Billy Ogan, célèbre chanteur et acteur thaïlandais). Ils embauchent un modeste tailleur d'origine indienne, Pratheep Malhotra, qui rachète les parts de ses deux acolytes au bout de deux ans et tient toujours les rênes de cet hebdomadaire avec le succès que l'on sait.

Après avoir commercialisé la «Royal Jelly» (Gelée Royale), désormais distribuée dans une vingtaine de pays, Niels, bien que végétarien, aide un compatriote à monter la société «Hamburger Denmark» qui installe une kyrielle de stands aux quatre coins de la ville.

Dans la foulée, il enchaîne sur le «Pattaya Pocket Guide» et le «Pattaya Directory», puis enfin le Pattaya People à partir duquel il construit une plateforme multimédia: site Internet, télévision, supports publicitaires mobiles…



Née il y a seulement 2 ans, sa radio anglophone (Yes2day, sur 96 FM), s'est appropriée la plus grande part de marché locale, attirant 70% des auditeurs selon un sondage officiel. On peut la capter jusqu'à 30 km à la ronde mais déjà aussi de n'importe où sur Internet (de même que les reportages télévisés accessibles sur la Toile à partir de mars 2009).

En parallèle, il trouve le temps de s'occuper d'un commerce de meubles en gros (B-B-Club Luxury Designer Furniture) et d'être un partenaire actif du Thai Boxing Stadium qui organise des combats de Muay Thai. Lui-même pratique le badminton et le football régulièrement. L'année prochaine, il fêtera ses 20 ans de mariage avec Laddawan. Ils ont eu trois enfants (17, 15 et 14 ans).

Toujours membre du Rotary et du Lions Club, il participe aux réunions de la Chambre de Commerce locale, à celles du Pattaya Expat Club et de l'union des Entrepreneurs de Pattaya.

En outre, c'est aussi lui qui a lancé et dirige les Volontaires étrangers de la police (Foreign Police Volunteers ou FPV) au commissariat de Pattaya. « Rien à voir avec les Volontaires de la police touristique sur Walking Street, ni avec les services de l'Immigration», dit-il. « Nous sommes près de 90 bénévoles représentant 23 pays.

Il est intarissable sur sa bonne ville de Pattaya: «Quand les gens me demandent si c'était mieux avant, je leur réponds que chaque instant vécu ici est fantastique. Il y a tant de choses qui stimulent l'esprit, on est toujours mis au défi. J'aime sortir et rencontrer du monde, prendre le pouls, sentir l'ambiance. Dès que je vois un nouvel établissement, je vais à la rencontre des responsables, ce sont eux qui font Pattaya. Je m'intéresse aux «immigrés» qui viennent vivre ici. Pendant un certain temps, je distribuais moi-même le Pattaya Pocket Guide, c'était un excellent prétexte pour discuter avec les gens, une sorte de sésame qui m'ouvrait sur leur quotidien. Pattaya était un village lorsque je suis arrivé. Tout le monde se connaissait. Ce n'est plus le cas. C'est devenu une grande ville mais je suis fier de voir son développement. Car j'ai le privilège de faire partie de cet ensemble, je suis un citoyen de Pattaya. J'aimerais que mes confrères occidentaux aient le même sentiment. Qu'ils appartiennent à Pattaya et que Pattaya leur appartienne. C'est rare pour des étrangers de vivre cela.»

Mais le projet qui lui tient le plus à cœur, c'est le Pattaya International Film Festival (PIFF!). Cela fait plus de 8 ans qu'il y travaille. Il avait même rencontré à ce sujet Thaksin Shinawatra et Somsak Thepsuthin (autre grande figure politique thaïlandaise). Le gouvernement de l'époque avait débloqué un budget confié au TAT (Tourist Authorithy of Thailand) mais celui-ci a finalement utilisé les fonds [et repris les idées] pour organiser le Bangkok International Film Festival (qui a connu des hauts et surtout des bas)…

Niels ne s'en cache pas: il veut faire de Pattaya le Cannes de l'Asie. Il a le soutien de plus de 200 «mordus» (thaïlandais et étrangers, de vrais professionnels et des cinéphiles) prêts à s'impliquer directement dans le scénario. L'idée est d'avoir non seulement un festival annuel de 10 jours, mais aussi des mini festivals tout au long de l'année pour faire de Pattaya une ville du cinéma: expositions, ateliers, conférences et symposiums, ainsi qu'un marché du film, afin d'attirer toutes les personnalités du cinéma qui viendraient échanger, vendre et acheter, ou tout simplement se rencontrer pour lancer de nouveaux projets.

Maintenant, c'est évidemment le financement qui est le plus important. Le budget estimé est de 25 à 30 millions de bahts pour la première édition. 20% devraient venir de la ville et du secteur public. Le secteur privé devrait apporter 80%. Mais Niels reconnaît que «Nous ne sommes pas dans une conjoncture favorable. Il va falloir attendre encore au moins un an avant de pouvoir en reparler».

Entre-temps, il développe un réseau de communications avec d'autres festivals asiatiques et internationaux, et étoffe la structure pour préparer un festival qu'il souhaite non élitiste mais populaire. Il ne veut pas se contenter des valeurs sures mais donner une chance aux jeunes réalisateurs. En plus de l'aspect économique, l'Asie se révèle être un partenaire culturel important avec qui il faut compter. Et Pattaya a un potentiel énorme, c'est déjà un lieu de rencontres internationales, il ne manque plus que le feu vert des autorités. Niels est confiant: «Ca prendra du temps, peut-être plus que prévu, mais cela se fera. D'autres de mes projets ont mis des années mais ont fini par se réaliser. Il ne faut jamais perdre la cible de vue». Difficile de ne pas accorder de crédit à tant de détermination!

Raymond Vergé

Site personnel de Niels Colov (en anglais): www.nielscolov.name
Site donnant les grandes lignes du "Pattaya Film festival" (en anglais):
http://www.pattayafilmfestival.asia

 



08/03/2009
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