1974: Oh! Calcutta, souvenirs accessoires...

       

        L'Élysée Montmartre (1), où je passais mes soirées, était un drôle de biotope. Il s'y donnait un spectacle hétéroclite et passablement grivois, intitulé "Oh! Calcutta" (i.e. Oh quel-cul-tu-as, ça [vous] donne le ton), constitué par un enchaînement de saynètes joyeusement ridicules et dont le seul rapport [entre elles] était… sexuel, avec une thématique allègrement salace, basée sur le comique de situation, dont deux scènes piquées au Décaméron du Boccace.

      C'était un fourre-tout sans vergogne et usant d'expédients à la limite du grotesque. On pourrait dire que cela n'avait ni queue ni tête, hormis le fait que tous les comédiens étaient entièrement nus (toute érection étant rigoureusement interdite et, d'ailleurs, à mon avis, humainement impossible). Malgré tout, ces sketches avaient trouvé leur public et provoquaient dans l'aimable assistance un bon gros rire bien gras.

          La salle était souvent remplie de touristes espagnols venus par cars entiers s'encanailler à Paris loin de la censure franquiste (l'exécrable Caudillo ne devait libérer l'Espagne et le monde de son ignoble présence que le 20 novembre 1975 et à cette date, j'étais déjà sur les bords du Gange, en route pour la vraie Calcutta).

           Mon boulot consistait à changer les décors entre chaque… tableau. Pendant quelques dizaines de secondes, après le retour en coulisses de ces messieurs-dames les artistes, la scène se retrouvait plongée dans le noir et nous nous précipitions comme des fantômes silencieux, glissant sur des chaussons, guidés par des bandes de chatterton phosphorescent collées au sol, invisibles de la salle, pour installer, enlever et remplacer les éléments du mobilier.

         Cette place d'accessoiriste se repassait entre petits gars à la coule, voyageurs en transit ou chômeurs en fin de droits. Les deux piliers de l'équipe étaient des personnages très attachants, deux retraités (des métiers) du Spectacle, incapables de vivre loin de la magie des "feux de la rampe" et qui forçaient le respect par leur professionnalisme, leur gentillesse et leur humilité. L'un (il s'appelait Pépé) avait travaillé toute sa vie dans le Cirque et avait même été régisseur pendant une tournée des ballets Béjart. C'était son titre de gloire.

          Il en ressassait les anecdotes avec parfois une larmichette au coin de l'œil qui, accrochant l'or incandescent des projecteurs, jetait ses feux comme un diamant de la plus belle eau. C'était émouvant même quand le disque devenait un peu rayé, car on ne pouvait s'empêcher de penser qu'on était en présence de l'homme qui avait côtoyé l'immense Béjart, et il ne faisait pas l'ombre d'un doute que le grand maître (de ballet) avait eu de la considération pour ce petit bonhomme consciencieux et amoureux de son métier.

           L'autre (j'ai oublié son nom, qu'il me pardonne, il doit être mort, ou très vieux) avait été l'éternel figurant au cinéma, la silhouette furtive, le passant anonyme, à l'arrière plan, que l'on voit sans le regarder, et toujours délicieusement ringard.

          Lui aussi avait croisé du beau linge et s'en était mis plein les mirettes. Il avait été le témoin de quelques unes des plus grandes scènes du Cinéma Français, cela s'entendait dans ses soupirs et lors de ses grands silences où son regard délavé semblait se repasser les cassettes en continu.

          Tous deux me faisaient l'honneur de leur amitié et c'était un vrai bonheur de les retrouver tous les soirs. Parfois, l'ex-doublure de monsieur-tout-le-monde m'accueillait, avec sa voix éraillée de titi parisien, par un : "Tiens v'là le beau Raymond, hein qu'il est beau not'Raymond?!".

          N'en déplaise à ma mère qui l'a choisi (à cause de Ramuncho, mais c'est beau en basque), j'ai toujours eu horreur (et honte) de mon prénom, mais dans ce cas précis, ça m'allait très bien (et droit au cœur). En plus, qu'un homme qui aurait pu être mon père me salue aussi chaleureusement me faisait oublier pour un instant (ou au contraire, me rappelait, suivant l'humeur) les ironiques et détestables "Alors, qu'ess-tu fous, branleur ?" de mon procréateur.

          Autre présence lumineuse dont j'ai oublié le nom, l'habilleuse de la troupe qui semblait régner sur son petit monde comme une gouvernante avisée sur une bande de chenapans gâtés-pourris. La quarantaine, une classe, une voix et un physique à la Juliette Gréco, elle promenait sous les cintres (et surtout en coulisses) un enthousiasme désabusé (2) et un pessimisme joyeux teinté d'une douce misanthropie (c'est sans doute pour ça qu'elle m'appelait son Ange de Botticelli).

           La troupe était formée d'une douzaine de comédiens (mâles et femelles) dont certains ont depuis fait carrière dans le cinéma et sont toujours actifs. Le plus connu d'entre eux (césarisé même), Daniel Auteuil, a déclaré, dans un entretien publié par un magazine, qu'il avait dû travailler comme "électro" à l'Élysée-Montmartre quand il mangeait encore de la vache enragée; d'ailleurs, il avait déjà l'encéphalopathie spongiforme (i.e. grosse tête) à l'époque, car ces gens-là vous snobaient le petit personnel comme si nous étions de la merde et nous en voulaient sans doute d'être, tous les soirs, les témoins (à la fois consternés et indifférents) de leurs clowneries profondément débiles.

         (Je crois avoir lu quelque part que des monstres sacrés comme Gabin avaient, en pleine ascension, racheté pour les détruire tous les nanars dans lesquels ils s'étaient fourvoyés à leurs débuts de peur que la critique n'en fasse ses choux gras).

      Un autre de ces messieurs, j'ai nommé Hervé Palud, pas aussi connu mais plus égotiste, a eu la condescendance d'être odieux avec moi, au moins à deux reprises, en me faisant très clairement comprendre que je ne faisais point partie de sa caste. Pauvre tache (2).

 

          Je dois dire à sa décharge (publique, bien sûr) que ce petit nabot prétentieux a quand même fini par réaliser, quinze ans après, le film 'Un indien dans la ville' (comédie grand public) qui a eu un certain succès et n'a pas laissé les américains indifférents.


[Benoît Régent]

          L'ami comédien qui m'avait trouvé ce job (et qui est mort en 1984, à 33 ans, d'une overdose de palfium…) l'avait fréquenté quelques années auparavant dans des ateliers-théâtre (avec Benoît Régent, accessoiriste en même temps que moi à l'Élysée Montmartre) et il m'assurait que ce p'tit gars-là, en Roi Lear, il était impressionnant (de vérité).

          Je veux bien le croire car chaque soir il ne manquait pas de produire son petit effet dans le sketch de l'exhibitionniste: il montrait son zizi à tous les passants, jusqu'au moment où une bonne sœur arrivait et au lieu de s'enfuir en hurlant, elle soulevait ses robes et c'est lui qui prenait ses jambes à son cou.  

         Accessoirement (…), la fille qui "incarnait" la religieuse était sa maîtresse du moment; et comme il entretenait avec elle un rapport de force très malsain, j'ai connu des moments pénibles où j'entendais en coulisses et malgré moi des bribes de leurs conversations dont le thème récurrent tournait autour de leur façon de faire l'amour, et surtout de comment il voulait que cela fut mené. C'était très édifiant.

          Par la suite, le hasard qui fait vraiment mal les choses, a voulu que nous habitions le même immeuble, rue St Sauveur (dans le Sentier): je le croisais quand mossieur allait faire pisser le chien et il continuait de m'ignorer, caricature parfaite de la suffisance absolue, de la méchanceté gratuite et de la bêtise crasse. 

Quant aux deux autres, Philippe Khorsand (décédé le 29 janvier 2008 des suites d'une hémorragie interne), le metteur en scène de cette pantalonnade,

 

et Roger Mirmont (dont j'ai pu suivre les débuts au cinéma en tant que spectateur, grâce à la télé surtout), l'un s'est cantonné dans les seconds rôles, ce qui est loin d'être péjoratif et constitue en tous cas une réussite éclatante par rapport aux pitreries sans nom auxquelles ils se prêtait (pour un cachet qui n'était ma foi pas négligeable à ce moment là: 7000 FF mensuels en 74!), mais je n'aime toujours pas son style; l'autre m'a agréablement surpris en jouant dans des téléfilms (notamment) avec un naturel qui a fini par me le rendre très sympathique (alors qu'à l'époque il n'était qu'un de ces zigotos). 

          Je me souviens d'avoir assisté à une bien pitoyable fellation pratiquée en coulisse par le danseur du pas-de-deux final (4), un Allemand homophage qui s'était précipité sur un des comédiens debout derrière le rideau et attendant son passage en scène; "Faut parer au plus pressé" avait lancé "le" bayadère en s'emparant de son morceau préféré, juste avant de le happer goulûment et de s'en repaître avec délectation.

          "Pare, pare donc !" répliqua la victime consentante en opinant du chef. Celui qui constituait ce petit en-cas était lui-même parfaitement hétéro mais très souple au demeurant, à telle enseigne que le mets qui semblait si succulent n'en était pas moins resté telle une nouille molle et indifférente à l'appétit vorace de ce têteur teuton et piètre cupidon. Heureusement d'ailleurs car l'homme-sandwich n'aurait pas pu entrer en scène attifé comme un hotdog. Entre parenthèses, c'était le seul qui avait un comportement "normal" avec nous et avec qui il m'arrivait de discuter sans la barrière de caste dont les autres s'entouraient fort abusivement. Au printemps 75, je dus me trouver un remplaçant pour préparer mon tout premier voyage en Inde.

 Raymond Vergé

NOTES    

    ¹L'Élysée-Montmartre, métro Anvers (… et contre tous), avait été une salle de catch célèbre et dont le directeur n'était autre que Delaporte, ancien catcheur très connu dans les années 60, star des matches télévisés et partageant la vedette avec l'Ange Blanc et le Bourreau de Béthune (ce dernier devenu par la suite garde du corps de Le Pen avant de se lancer en politique…). Au début des années 90, ce théâtre au pied de la butte s'est encore reconverti en salle de concert, accueillant d'excellents groupes de musique plutôt progressive, pour ne pas dire très branchée.  

     ²Au cours d'une conversation, elle m'avait beaucoup étonné en déclarant avec beaucoup de conviction que mettre un enfant au monde était le pire des cadeaux qu'on pouvait [lui] faire, étant donné la nature humaine, chaque jour apportant son nouveau lot d'atrocités et de catastrophes absurdes. A l'époque, je ne partageais pas ce point de vue, ne considérant pas l'homme (comme étant) foncièrement mauvais. En fait, elle avait entièrement raison, et 25 ans après, je pense moi aussi que l'humanité est irrémédiablement pourrie et ferait bien de disparaître de la surface du monde pour de nouveau laisser le champ libre aux plantes et aux animaux pris en otages par les envahisseurs barbares et stupides que nous sommes. D'un autre côté, je reste persuadé que seules les femmes peuvent sauver la planète de son inexorable dérive suicidaire, mais avant que la tendance ne s'inverse, c'est à dire que les femmes ne prennent enfin le pouvoir sur les mecs, pour préserver et nourrir au lieu de détruire et affamer, et bien il sera trop tard et les générations futures ne pourront que nous maudire de leur avoir laissé une poubelle en héritage et des pleurs en partage. Comme la population ne cesse d'augmenter et que le pouvoir reste presque essentiellement masculin, l'avenir est tout tracé: droit dans le mur des lamentations.

    ³Nous avions pourtant un ami commun, Benoît Régent, comédien du théâtre "classique" qui joua dans quelques films par la suite. Il est mort en 94, au retour d'un tournage en Suisse (avec Jane Birkin dans le casting). J'étais en Inde à ce moment-là et ne l'ai appris qu'à mon retour, mais je n'ai jamais pu savoir de quoi il était mort; quelqu'un m'a laissé entendre que c'était peut-être le sida. Benoît avait été accessoiriste avec moi pendant quelques semaines, entre deux engagements au théâtre. Il ne serait certainement jamais monté sur scène à poil avec les autres. 

    4 le clou du spectacle, un simulacre de danse classique exécuté, i.e. mis à mort, par deux "artistes" en costume d'Adam et Ève avant la chute.   


(Tableau 'sans date' de Clovis Trouille/1889-1975) «Lire: Oh! Quel cul t'as!»

"Mes funérailles", tableau de Clovis Trouille, 1940

Roger Delaporte, le célèbre catcheur souvent vu sur le petit écran dans les années 60 en méchant; il était un des grands organisateurs de combats (la plupart mis-en-scène et pourtant très appréciés du public), propriétaire de l'Elysée-Montmartre.

Roger Delaporte (le "méchant") et l'Ange Blanc (masqué)

 Après avoir tenu un restaurant à Paris, s'être essayé à l'écriture de roman et avoir vécu dans l'Eure où il s'intéressait aux activités de la Fédération Française de Catch, Roger Delaporte serait décédé fin octobre 2009, à l'âge de 80 ans.

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[crédit: jan-clod/Janvier 2011]

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L'Elysée-Montmartre en grande partie ravagé par un incendie accidentel - PARIS (AFP) - 22/03/11

L'Elysée-Montmartre, l'une des salles de spectacles mythiques de Paris au pied de la Butte Montmartre, a été en grande partie ravagée mardi par un spectaculaire incendie dû a priori à un court-circuit et qui n'a fait aucun blessé.

Les sapeurs pompiers luttent contre un important incendie à l'Elysée Montmartre, le 22 mars 2011

Le sinistre, qui s'est déclaré peu avant 08H00, a été maîtrisé vers 11H30. Une femme de ménage, en allumant la lumière, "a vu des étincelles", a relaté sur place le commissaire du XVIIIème arrondissement Mathieu Clouzeau. Le feu s'est ensuite propagé dans l'ensemble du bâtiment sis 72 boulevard de Rochechouart, entre les métros Pigalle et Anvers.

De la fumée s'échappe de l'Elysée Montmartre
dans le XVIIIe arrondissement Paris, le 22 mars 2011

 Si la façade de cette institution de la scène musicale parisienne semblait a priori intacte, les dégâts à l'intérieur sont "très importants", a dit le porte-parole de la brigade des pompiers de Paris, Samuel Bernès. "La salle principale est +en vrac+ même si elle n'a pas été vraiment touchée par les flammes, mais le premier étage s'est partiellement effondré. Il y a également eu plusieurs foyers secondaires", a déclaré M. Bernès.

Près de 80 pompiers sont rapidement intervenus et ont réussi à circonscrire le sinistre en un peu plus de trois heures. Plusieurs personnes de quartier avaient été évacuées par mesure de sécurité, mais "aucun blessé n'est à déplorer", a assuré Mathieu Clouzeau, la salle étant vide au moment de l'incendie.

L'enquête a été confiée au 2e district de police judiciaire (DPJ). "Nous partons sur l'hypothèse d'un incendie accidentel, une suspicion de court-circuit, même s'il faudra attendre les résultats de l'enquête", a expliqué le commissaire Clouzeau.

Le substitut du procureur de la République à Paris s'est rendu sur les lieux, en compagnie du propriétaire de l'Elysée-Montmartre, qui devait prochainement être rénové. Selon les pompiers, plusieurs mois de travaux seront nécessaires avant que la salle ne puisse rouvrir.

"Espérons que l'Elysée-Montmartre renaisse rapidement de ses cendres", a déclaré sur place le maire (PS) du XVIIIème arrondissement Daniel Vaillant. L'adjoint au maire de Paris, Christophe Girard, a exprimé son "émotion".

"Ce lieu de culture est un lieu historique de Paris avec sa charpente métallique de Gustave Eiffel. C'est là qu'est né le french cancan et que Toulouse-Lautrec a souvent puisé son inspiration", a rappelé M. Girard dans un communiqué.

"C'est un lieu mythique. Ce sont 15 ans de soirée pour moi qui partent en fumée, cela fait beaucoup de peine", s'est lamenté David Fisher, qui devait organiser une soirée début avril dans l'établissement. "C'est vraiment triste car il y a peu de salles comme cela dans Paris, celle-là en plus était vraiment à part", a-t-il soupiré.

A l'instar de Jacques Higelin ou d'Alain Souchon, de nombreux artistes de renom se sont produits dans cette salle créée en 1807 et classée monument historique depuis 1998.

"L'Elysée", comme l'appellent ses fans, a également accueilli des concerts de heavy-métal, de rap et de reggae. Depuis 1995, la salle accueillait également tous les 15 jours l'une des grandes soirées parisiennes, le "bal de l'Elysée-Montmartre". L'Elysée-Montmartre abrita aussi à partir de 1949 des combats de catch et de boxe. © 2011 AFP

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C'EST DROLE, IL N'EST PAS DU TOUT QUESTION DE ''Oh! CALCUTTA!" DANS L'HISTORIQUE DE CET ÉTABLISSEMENT PRESTIGIEUX. A CROIRE QUE CE SPECTACLE FUT UNE HONTE LAMENTABLE DANS LA PROGRAMMATION, PAS VRAI DANIEL AUTEUIL, PHILIPPE KHORSAND, HERVÉ PALUD ET AUTRE ROGER MIRMONT?

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PUBLIÉ LE 22/03/2011| LADEPECHE.FR

Paris. L'Elysée Montmartre détruit en partie par un incendie


L'Elysée Montmartre en feu à Paris ©Idé

 Un violent incendie s'est déclaré ce matin, un peu avant 9 heures, à l'Elysée Montmartre. Il a été totalement maîtrisé vers 11h30. Plus d'une centaine de sapeurs-pompiers ont été mobilisés dans la salle de concerts du 18e arrondissement de Paris. Le feu aurait pris avant 8 heures à l'intérieur de la salle, encore vide à cette heure de la journée. Selon un premier bilan, le sinistre n’aurait pas fait de victime mais les dégâts seraient importants. L'intérieur de la salle de concerts serait très abîmé.  Créé en 1807, l'Elysée Montmartre a été le lieu de naissance du french cancan. Il a également servi de décor à certaines des plus fameuses toiles du peintre Toulouse-Lautrec.

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C'EST DROLE, ICI NON PLUS, IL N'EST PAS DU TOUT QUESTION DE ''Oh! CALCUTTA!" DANS L'HISTORIQUE DE CET ÉTABLISSEMENT PRESTIGIEUX. A CROIRE QUE CE SPECTACLE FUT UNE HONTE LAMENTABLE DANS LA PROGRAMMATION, PAS VRAI DANIEL AUTEUIL, PHILIPPE KHORSAND, HERVÉ PALUD ET AUTRE ROGER MIRMONT? HAHAHA, JE ME MARRE...

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COMPLÉMENT PHOTOS

//metroreporter.metrofrance.com/fr/

Posté par Patrice Pierrot

 

 

 

 


 

 


 

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Posté par Corbi

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La loco toulousaine vedette du film de Daniel Auteuil

PUBLIÉ LE 18/04/11 - HENRI BEULAY

Une vingtaine de membres de l'association toulousaine
a suivi l'équipe du film sur le lieu de tournage/Photo DR

          On la surnomme Mikado. C'est la loco vapeur 1,4 RC 1126 de l'association des trains vapeur de Toulouse. Daniel Auteuil l'a choisie lors du tournage de «La fille du puisatier» qui sort mercredi au cinéma. La plus imposante vedette du film de Daniel Auteuil, «La femme du puisatier», un remake de Marcel Pagnol, est une vénérable locomotive, bichonnée par l'association «Des trains à vapeur de Toulouse». La loco 1.4 RC 1126 n'a pas eu un hoquet lors des scènes où elle apparaît et les voitures de 1932 remises à neuf par les passionnés toulousains sont superbes dans la gare reconstituée en l'année 1939.

          Si dans la version originale de «La fille du puisatier», Marcel Pagnol s'était contenté de tourner dans un buffet de gare, Daniel Auteuil dont c'est la première réalisation, a poussé le souci du détail à faire rouler un train des soldats qui partaient au front.

«UN AMOUREUX DES TRAINS»

          Le régisseur du film s'est adressé au service communication de la SNCF qui reçoit 350 demandes, chaque année et les projecteurs se sont tournés vers Toulouse. «Le régisseur et un assistant -réalisateur sont venus nous voir » raconte le président Michel Bouche. «La loco leur a plu. Mais comme elle est plus récente que 1939, nous avons dû retirer les pare fumées. Puis ils nous ont demandé de trouver une gare dans la région. Rien ne convenait. Alors, comme le film a surtout été tourné à Saint-Rémy-de-Provence, ils ont déniché pas loin, la gare de Brignoles, avec une ligne où il ne passe que trois trains par jour».

          En juin 2010, une vingtaine de membres de l'association toulousaine sont partis avec deux trains sur les lieux du tournage dans le Var. En plus de la loco, ils ont acheminé une diesel de rechange et des voitures, y compris pour l'intendance avec wagons-couchettes et wagon-restaurant.

Il aura fallu trois jours pour arriver à destination. Le train toulousain, assisté par dix mécaniciens, est resté trois jours devant les caméras de Daniel Auteuil. «Tout s'est passé à merveille» se souvient Michel Bouche. «Daniel Auteuil a été délicieux. Il m'a demandé d'emblée de le tutoyer. Comme c'est un amoureux des trains, il a tenu à visiter la cabine de pilotage». Si Kad Merad a semblé plus «distant» aux amis des trains à vapeur, la jeune comédienne, Astrid Bergès-Frisbey qui joue la fille du puisatier, laisse un souvenir de madone.

           Au chapitre des bons souvenirs, les Toulousains classent le repas de fin de tournage auquel ils ont été conviés et la journée «gare ouverte» pendant laquelle ils ont fait partager leur passion aux habitants de Brignoles.

          Avant-première: lundi 18 avril à 21 heures au «Meliès» à Castelmaurou en présence de l'équipe des « trains à vapeur de Toulouse». En salle à partir du 20 avril.

Michel : "Mikado est une rescapée"

Président depuis quatre ans de l'association le Train à vapeur, Michel Bouche, 62 ans, n'a jamais été cheminot. Mais ce passionné sait aujourd'hui conduire un train.

Quelle est l'histoire de Mikado?

Elle est née en 1946 aux États-Unis à Schenectdy exactement. Elle faisait partie d'un lot de 1 300 locomotives commandées par l'État français pour reconstituer le parc décimé durant la seconde guerre. Dix-sept d'entre elles ont coulé au fond de l'Atlantique durant la traversée au large de Terre-neuve. A leur arrivée, ces locos sont parties sur différents dépôts. Mikado est partie à Nice puis dans d'autres dépôts pour finir à Narbonne en 1975. Vouée à la démolition, (ferraillage).

Comment a-t-elle été sauvée?

Par un groupe de cheminots de Narbonne qui l'ont chouchoutée et remie sur rail. En 1989 elle a été exposée devant la gare de Canfranc sur la nationale 9, la route de Perpignan.

Pourquoi s'appelle-t-elle Mikado ?

Elle se nomme ainsi en hommage à l'empereur du Japon.

Comment est-elle entretenue ?

Elle est repeinte tous les ans et réparée régulièrement pour être impeccable durant ses sorties publiques, en été et pour Noël. Et surtout très chouchoutée.

Vous n'avez jamais été cheminot...

Non mais je me rattrape. Aujourd'hui je veille sur Mikado, ou la 1.4 RC 1126. J'ai passé une formation et je peux désormais conduire des trains. [Propos recueillis par Silvana Grasso]

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DANIEL AUTEUIL - "Pagnol est étudié dans d’autres pays, bien plus que chez nous en France"

À 63 ans, avec près de 40 annuités au compteur, Daniel Auteuil n’a pas l’intention de prendre sa retraite. Après La fille du puisatier en 2011, il passe une nouvelle fois derrière la caméra et adapte les deux premiers volets de la “Trilogie marseillaise” de Marcel Pagnol, Marius et Fanny (en salles le 10 juillet). Deux longs métrages qui content l’histoire d’amour dramatique entre deux jeunes héros idéalistes, et qui confirment également l’histoire d’amour artistique indéfectible de l’acteur césarisé pour Jean de Florette et de son auteur à l’accent du sud inoubliable.
 
Lepetitjournal.com: Daniel Auteuil - Marcel Pagnol, c’est près de 30 ans de passion commune…
Daniel Auteuil: Pour le grand public, oui. Mais elle a en réalité 60 ans! Je suis né dans les années 50 en Algérie, mais j’ai été élevé dans le sud de la France. Marcel Pagnol a donné à la Méditerranée et au sud une identité. Avant c’était Alphonse Daudet. Au moment où je grandis là-bas, dans le vocabulaire des gens, dans les histoires, dans les mots, il y a Pagnol, sa culture. Je découvre ensuite ses films à l’âge de 16 ans. Et quand j’arrive à Paris en 1969, la lumière du soleil me manque, je me plonge donc dans ses livres et je découvre sa littérature. Et puis vient Jean de Florette (qui sort en 1986, ndlr). Quand ce film arrive, j’ai l’impression de connaître Pagnol par cœur. Et tout naturellement, lorsqu’il s’agit, beaucoup plus tard, de passer à la réalisation, je me dis que c’est avec lui que ça va se faire. Il y a eu La Fille du puisatier en 2011, et désormais cette trilogie.  


Adapter son répertoire est une manière de se rassurer?  
Bien sûr. C’est une façon de se rassurer car ses œuvres ont fait leurs preuves. C’est une façon de voir que, comme moi, quand on vient du théâtre, l’on peut passer sa vie à visiter Molière, Shakespeare et Marivaux et à chaque fois y apporter quelque chose de personnel. En l’adaptant, je peux porter mon propre regard, c’est confortable.
 
Pourquoi ne pas avoir réalisé les trois films en même temps?  
Le troisième volet, César, est adapté et écrit, mais pas encore tourné effectivement. L’histoire se déroulant 20 ans après les deux premiers volets, il y avait une certaine logique à faire Marius et Fanny à la suite et laisser passer du temps pour le dernier. Je suis encore dans la réflexion. Il fallait faire un break, je veux vraiment qu’il y ait une différence entre les deux premiers et le troisième. Je commence tout juste à entrevoir comment réintégrer la ville alors qu’elle n’est pas filmable aujourd’hui.  
 
Marius et Fanny vivent au rythme de dialogues riches, tristes et joyeux, agrémentés de l’accent “made in Pagnol”. Peu d’acteurs du film l’ayant naturellement, mis à part Victoire Belezy qui interprète Fanny. Pendant les cinq premières minutes, on ressent un accent surjoué chez eux, puis tout rentre dans l’ordre. Comment avez-vous drivé votre équipe ce comédiens?  
Victoire m’a effectivement fait croire qu’elle venait du sud-ouest. Mais elle vient visiblement de Limoges ! Concernant, celui du Marseille d’aujourd’hui n’est pas possible, comme l’était celui de Pierre Fresnay (acteur de 1915 à 1973, il a joué le rôle titre dans le Marius de Marcel Pagnol en 1931, et avait une diction très incisive, ndlr). Nous avons donc trouvé une musique qui accompagne les mots de Pagnol car cela ne marche pas sans la musique de l’accent. Je ne pense que cela était dur pour les comédiens car ce sont des acteurs, ils sont formés à se faire à la musique de Pagnol comme on se fait à celle de Shakespeare ou d’autres. En Angleterre par exemple, l’accent est un passage obligé. À Londres, dans chaque quartier, l’acteur demande quel accent il doit prendre. Chez nous, depuis un peu plus de 30 ans, les présentateurs de France 3 Régions n’ont presque plus aucun accent. C’est à mon avis une idée parisienne, mais bon, ce n’est pas grave. Comme vous l’avez dit, tout rentre dans l’ordre au bout de cinq minutes. Mais l’inverse est pire. J’ai vu Fanny à la Comédie Française, jouée sans accent. C’était terrifiant.

 "Marcel Pagnol, c’est une sacrée carte de visite"

Depuis que vous êtes réalisateur, vous êtes également toujours devant la caméra, ici dans le rôle de César, père de Marius. C’est une obligation? Une nécessité?  
Je crois que je ne sais pas faire autrement. Dans un premier temps, je me suis dit qu’en étant aussi devant, je pourrais combler les manques. Comme acteur, il m’est arrivé de travailler avec des nazes et de sauver leur film ! Et puis, je fais également les films pour le rôle en lui-même, je suis acteur avant tout. Finalement, être au milieu me permet de régler tous les problèmes, je suis au plus près des acteurs et je sais qu’ils aiment ce soutien. Après, je ne vous cache pas que je rêve de faire un film sans être devant, mais ce sera encore autre chose, une autre étape de ma carrière. J’ai remarqué que depuis que je suis réalisateur, l’ego s’est complètement racorni, rabougri. Il n’y en a presque plus. Lorsque l’on est acteur, on passe sa vie à prendre, lorsque l’on est réalisateur, on donne, tout le temps. Là je donne et je prends.
 
Est-ce facile de revenir ensuite à une simple position d’acteur, libéré de la pression de la responsabilité du film?
J’ai cru, comme beaucoup d’autres avant moi, que ce serait le cas. Mais en réalité non car je me mets dans le même état de stress. Jouer c’est un engagement. Je considère, comme Michael Haneke et d’autres, que la réussite d’un film est extrêmement liée aux acteurs, même si le metteur en scène apporte. C’est un vrai travail d’équipe.
 
Revenons à Pagnol. Ses œuvres sont connues dans le monde entier. Peut-on affirmer que c’est grâce à lui que vous êtes vous-même connu et reconnu internationalement?
Pagnol est effectivement étudié dans d’autres pays, bien plus que chez nous en France. La Fille du puisatier a eu un prix du public au festival du film français de Los Angeles en 2012. Et je sens qu’un certain public attend avec gourmandise cette trilogie. Lorsque Jean de Florette est sorti en Angleterre, il est resté un an à l’affiche, il est sorti aux États-Unis et dans des dizaines d’autre pays. Je suis invité très souvent un peu partout dans le monde et quand je rencontre des Américains célèbres et que l’on me présente, on leur dit “C’est Daniel Auteuil.” Ils disent poliment “Ah oui, il est acteur”. Et puis ensuite on leur précise que je jouais dans Jean de Florette et là ils disent vraiment “Ah oui !”. Marcel Pagnol, c’est une sacrée carte de visite. C’est un auteur qui fait plaisir aux Français et à tout le monde. Il est rigoureux, il n’a pas peur de nous faire mal par des situations cruelles et douloureuses. Il est dans la tragédie, mais il comme il est bien élevé, il nous fait ensuite rire. Et lorsque l’on pleure, ce sont des larmes d’humanité, pour se réconcilier avec les autres.
 
N’auriez-vous pas pu profiter de ce rôle de Jean de Florette pour vous expatrier un peu partout dans le cinéma?
Oui, j’aurais pu. Mais je n’ai pas réalisé ce qui m’arrivait. J’avais ma vie en France, j’étais super bien. Ce n’est pas grave. En revanche cela a beaucoup aidé à vendre à l’étranger les films dans lesquels je jouais.

"Je vis avec fierté de ne pas être que un acteur franco-français. J’aime l’idée de faire des films qui s’adresse au monde entier"

Avec cette reconnaissance internationale, n’avez-vous pas pensé à résider durablement hors de France?  
J’ai fait des films en Angleterre, en Italie, et ailleurs, mais je me sens acteur, pas rock star ! Je vis ça avec fierté de ne pas être que franco-français. J’aime l’idée des films qui s’adressent au plus grand nombre, au monde entier. Mais c’est vrai que lorsque j’ai tourné de The Lost Son de Chris Menges à la fin des années 90, j’ai eu envie de rester en Angleterre. J’ai commencé à avoir des propositions qui venaient d’un peu partout, des Etats-Unis notamment. Mais, sans ce que cela soit un sacrifice, j’avais tellement de films forts à faire en France, j’ai croisé tellement d’immenses metteurs en scène que je n’ai pas de regrets. Après, j’ai eu des propositions du réalisateur mexicain Alfonso Cuarón Orozco qui a fait Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban en 2004, mais le film ne s’est pas monté. Peut-être que si l’on me proposait de revenir en arrière, je tenterais davantage l’aventure car mes expériences anglaises et italiennes ont été conformes à la façon dont j’envisageais ma vie de nomade. Je conçois les voyages dans le travail.
 
Vous fêterez en 2014 vos 40 ans de carrière d’acteur. Vous avez beaucoup joué dans des comédies au début, puis beaucoup moins après. Pour quelles raisons?
Je me suis laissé porter par les propositions. Je suis un jeune homme, alerte, je gambade bien, je suis très heureux de faire ces comédies. Jusqu’au jour où j’ai envie d’un peu plus de densité dans ma vie. J’essaie par les polars, des séries B. Cela se passe mal, donc je ne suis plus nulle part. Jusqu’au moment où arrive Jean de Florette. Là, c’est une reconnaissance capitale. J’ai désormais le choix, mais je le fais toujours avec une forme d’impulsivité plutôt qu’avec une réflexion posée. Mais tout cela est si vieux, il s’est passé tellement d’autres choses. J’ai le sentiment d’avoir eu dix vies.
 
Parlons un peu du cinéma français et de la polémique sur les salaires. Quel est votre sentiment sur cette “affaire d’Etat”?  
Il y a d’abord eu une espèce de curée sur ces salaires, quelque chose d’assez démagogique qui ne correspondait à rien. Et laissait finalement apparaître un problème plus grave : il n’y a plus d’argent nulle part, ou on ne voulait plus en donner. Cela eut donc été indécent de prendre beaucoup d’argent quand aujourd’hui il n’y en a pas pour faire des films. Avant, il y avait beaucoup d’argent pour tout, je ne voyais pas tellement le problème. Aujourd’hui, il faut faire avec moins. Le principal est donc de trouver comment faire. Marius et Fanny se sont faits sans chaine de télévision. Chaque film a coûté 6 millions d’euros, ce qui n’est rien dans le cinéma, et se sont tournés en six semaines. Ce n’est pas grand chose par rapport à la richesse que l’on peut voir sur l’écran ! (rires) Mais dans cette histoire, nous sommes dans un état de fragilité permanente. J’ai ressenti quelque chose de trop démago, comme si l’argent que l’on touchait avait été enlevé aux autres, ce qui est faux. Il faut juste s’adapter, relativiser. Et puis, de toutes façons, heureusement que ce qui est pris est pris car on ne l’aura plus !  
 
Est-il vrai que vous avez refusé le rôle que tient François Cluzet dans Intouchables?
Tout à fait. J’allais attaquer la post production de La fille du puisatier. Laisser le soin à quelqu’un d’autre de le faire aurait été trop dur.
 
Vous devez tout de même avoir quelques regrets, non?  
Il faut se poser la question différemment : “Qu’ai-je perdu ?” Un peu de pognon, voilà tout. Cela ne m’aurait pas fait connaître davantage. Et puis rassurez-vous, j’ai aussi refusé Bienvenue chez les Ch’tis, et Astérix. Donc quelque 60 millions de spectateurs au total !
Jérémy Patrelle (www.lepetitjournal.com) mercredi 10 juillet 2013

Marius  => Un film de Daniel Auteuil, avec Raphaël Personnaz, Daniel Auteuil, Jean-Pierre Darroussin, Victoire Belezy, Marie-Anne Chazel, Nicolas Vaude, Daniel Russo, Rufus, Jean-Louis Barcelona et Martine Diotalevi…
En salles le 10 juillet 2013

Fanny  => Un film de Daniel Auteuil, avec Daniel Auteuil, Victoire Belezy, Jean-Pierre Darroussin, Raphaël Personnaz, Marie-Anne Chazel, Nicolas Vaude, Daniel Russo, Ariane Ascaride, Jean-Louis Barcelona, Georges Neri et Martine Diotalevi… En salles le 10 juillet 2013



30/03/2010
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