Koh Sichang: l’île au débotté

La Thaïlande offre une variété de destinations 'confidentielles' qui ne laissent d'étonner. Ainsi au large de Sri Racha, à 30 km au nord de Pattaya, se trouve Koh Sichang, une petite île singulière et encore préservée des grands flux touristiques. 


 Et pourtant, c'est une curiosité car, dans la foulée, elle présente, à qui veut les voir, des intérêts d'ordre spirituel, historique, religieux, socio-culturel, balnéaire, ludique, culinaire,
et la liste n'est pas exhaustive.

D'ordre spirituel, parce que, à peine débarqué, on est agréablement surpris par une atmosphère un peu ouatée, qui tient sans doute du calme et du silence un peu irréels qui entourent les faits et gestes des insulaires, et on a soudain l'impression que le temps n'a plus du tout la valeur qu'on lui attribuait. Cela constitue, en soi, une expérience intime que l'on n'a plus beaucoup, hélas, l'occasion de connaître lors de nos parcours habituels. D'ordre historique, parce que cet endroit a brièvement été le lieu de villégiature d'un des souverains les plus vénérés de la dynastie des Chakri, à savoir le roi Chulalongkorn (Rama V), qui y avait installé ses quartiers d'été au début des années 1890. D'ordre religieux (sic), parce que l'île est un lieu de pèlerinage, de prière et de méditation qui attire des bouddhistes d'Asie du sud-est et même de la Chine. D'ordre socio-culturel, parce qu'on peut y observer le quotidien ordinaire d'un gros village de pêcheurs (4000 âmes) vivant au rythme immuable des marées. D'ordre balnéaire, ludique et culinaire, parce que l'on peut y profiter des bienfaits, des avantages et des produits de la mer à satiété (dans un environnement encore non pollué).

Koh Sichang est, a priori, une escale qui ne paie pas de mine, pourtant son charme est indéniable. Et cela commence dès l'embarquement, sur la jetée de Sri Racha (Koh Loy ou "thaa reua pai koh sii chang"), dans une ambiance bon enfant. 45 minutes de traversée (12 km) au ras des flots et à bord de bateaux-navette sans prétention. Départ toutes les heures de 7h à 20h (parking autos-motos). La plupart des passagers sont des locaux. Les quelques étrangers présents affichent une discrétion respectueuse. C'est 45 bahts le fauteuil en plastique, pour tout le monde.

 A l'approche de l'île, on remarque des dizaines de péniches sagement alignées dans la baie: en effet, l'île sert de point d'ancrage aux cargos internationaux qui y déchargent leurs cargaisons afin qu'elles soient ensuite transportées vers Bangkok, voire Ayutthaya et au-delà, en remontant le fleuve Chao Phraya.

            En débarquant, si vous êtes là pour quelques jours, rendez vous dans l'un des quelques hôtels (guest-houses ou bungalows) éparpillés ici et là. Si vous n'avez que la journée à passer, deux solutions s'offrent à vous: a) faire tout à pied, mais alors prévoyez de bonnes chaussures de marche car, à vol de mouette, l'île fait 6 km de long (nord-sud) sur 1 km de large (est-ouest), b) louez un taxi local. Pour un circuit complet, c'est au moins 250 bahts (cinq passagers maximum).

        Le seul type de transport en commun est le 'saam-lau' (triporteur), appelé aussi 'touk-touk' par les touristes (c'est plus folklo). Les tarifs officiels sont disponibles au guichet Information-Police du débarcadère. Notez aussi, par précaution, les horaires des derniers bateaux retournant à Sri Racha (Attention, ils partent pile à l'heure indiquée!).

            Les trois sites importants à ne pas manquer sont le temple chinois construit comme un belvédère, le domaine du palais royal et la plage de Tham Phang.

             Le temple chinois, appelé 'Saan Chao Pho Khao Yai ' (traduisez: temple de l'Esprit tutélaire de la grande colline), est, comme son nom l'indique, situé au flanc de la petite montagne qui surplombe la bourgade et la baie. Vue magnifique sur le port (ce qui suppose la montée de quelques centaines de marches: ça se mérite !). 



[Empreinte du pied du Bouddha à 268 m d'altitude]

        Le temple est 'creusé' sur plusieurs niveaux, avec divers lieux de dévotion 'nichés' dans des grottes abritant les statues de divinités surprenantes et variées. Les pèlerins font preuve d'une ferveur très particulière (un peu comme à Lourdes !). La légende parle de lumières 'magiques' (venant des grottes) aperçues la nuit par des marins croisant au large de l'île, il y a quelques centaines d'années (horaires non communiqués).

             Du palais d'été de Rama V, il ne reste plus guère, au milieu du parc, que les fondations, ainsi que trois jolis pavillons et une élégante chapelle (Wat Atsadang Nimit). C'est la faute du haut commandement français de l'Union Indochinoise. La bâtisse principale avait été édifiée en 1890 mais démontée trois ans plus tard, au plus fort de la crise franco-siamoise, lors des âpres négociations concernant les territoires du Laos. Pendant le blocus de l'embouchure du Chao  Phraya par la petite armada française, il était apparu que ce palais serait très vulnérable en cas d'attaque, puisque à portée de canon du premier navire ennemi ayant des intentions belliqueuses.

 Signe évident de l'ingéniosité siamoise, cette auguste demeure a été complètement remontée et terminée en 1901 au cœur du jardin 'Dusit' (nom de l'un des paradis de la mythologie bouddhiste), près du Grand Palais et derrière l'Assemblée Nationale, à Bangkok, où elle prit le nom de Viman Mekh (i.e. paradis des nuages) et utilisée comme résidence royale jusqu'en 1906.

Élevée sur trois niveaux, elle compte plus de quatre-vingt pièces, sans compter les terrasses, balcons et autres vérandas. Sa particularité est d'être entièrement faite en teck, ce bois incroyablement dur, extrêmement dense, imputrescible et qui a la propriété d'être invulnérable aux termites. Longtemps inoccupée (après la mort de son illustre propriétaire en 1910), elle a été transformée en musée par la reine Sirikit (l'actuelle souveraine) et fait partie intégrante du patrimoine historique. Il faut donc la visiter avant, sinon après, la balade à Koh Sichang où plane encore l'ombre lumineuse du bon roi Chulalonkorn, monarque éclairé s'il en fut et qui aurait lui-même planté, près du Wat [temple] Atsadang Nimit (i.e. des huit Nobles Vérités), parmi les flamboyants et les frangipaniers, une ramification de la racine principale de l'arbre du Bouddha ramenée de Bodh-Gayâ (Inde) par son propre cadet, le prince Damrong Rajanouphap.

            Un musée marin est en passe d'ouvrir à l'entrée du parc royal et par ailleurs, d'autres temples ainsi que d'étonnantes grottes-cheminées aménagées en ermitage comptent parmi les lieux à visiter sur l'île (tout en respectant la tranquillité des moines qui y méditent).

             Après toutes ces promenades fort édifiantes, un peu de farniente et de détente à Tham Phang, la plage principale, au sud-ouest de l'île, équipée de parasols, de transats, de toilettes et de cabines de douches (rudimentaires mais appréciables). 


        Il est naturellement possible de s'y restaurer copieusement et à peu de frais. Les spécialités locales sont le crabe et le calamar, pêchés en abondance. C'est aussi le moment d'essayer, par exemple, les œufs de fourmis rouges, sauterelles graciles, vers charnus et autres gros cafards craquants sous la dent. Excellents, en tous cas, pour une intégration culturelle et sociale. La sauce pimentée est en option. Pour plus de renseignements:www.ko-sichang.com

Raymond Vergé

ANNEXE SUR LA SYMBOLIQUE DE LA "GESTUELLE" DU BOUDDHA DANS LA STATUAIRE, D'APRÈS DES PHOTOS PRISES [crédit: Raymond Vergé] A KOH SICHANG, SUR LA COLLINE AU-DESSUS DU TEMPLE DU TEMPLE CHINOIS ('SAAN CHAO PHO KHAO YAI'). TEXTE EXPLICATIF EMPRUNTÉ AU SITE //sawadie.free.fr

BOUDDHA ET LES JOURS DE LA SEMAINE

//sawadie.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=62&Itemid=1

 

 

 

 

 

 

1. Bouddha du dimanche (Position du futur Bouddha Gautama dans l'une de ses existences antérieures de Boddhisattva faisant don de ses yeux) Station debout, les mains croisées tournées vers l'intérieur, la main droite posée sur la main gauche. Après son Éveil, le Bouddha ouvre lentement les yeux, se lève de son siège et se tourne en direction du nord-est en songeant à tous les mérites qu'il a accumulés durant ses existences antérieures, dont notamment l'acte de charité (en pâli: dâna).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Bouddha du lundi (Position du Bouddha prévenant la guerre entre deux factions de sa famille) Station debout. La main gauche pend le long du corps, la main droite avancée à hauteur de la poitrine, marque la volonté d'empêcher un conflit familial; celui-ci avait pour origine un différend sur le partage de sources d'eau destinées à irriguer les terres. Le Bouddha prononce alors un sermon qui a pour résultat de mettre fin à toute velléité belliqueuse des deux factions.

 

 

 

 

 

 

3. Bouddha du mardi (Position du Bouddha couché)

Position du Bouddha couché sur le côté droit, la main droite supportant la tête, la main gauche posée le long du corps, les deux pieds étendus à la même hauteur. Après son Illumination, le Bouddha a livré son enseignement au monde et a ainsi constitué une communauté bouddhique solide composée de moines et de laïcs. 45 ans se sont alors écoulés.

Sentant la mort venir, il a réuni la communauté des moines et leur a livré l'ultime sermon (en pâli: pacchima ovâda) les exhortant à garder leur vigilance dans la pratique du Dhamma (en pâli: appamâda). Il est ensuite entré en Parinibbâna à Kusinara le jour de la pleine lune du 6ème mois.

 

 

 

 

 

 

4. Bouddha du mercredi (Position du Bouddha tenant un bol d'aumône)
Station debout, les deux pieds joints, les deux mains tenant le bol. Le Bouddha est allé dans sa cité familiale de Kapilavastu pour recueillir des offrandes auprès de la population de la ville. Le lendemain, il y est retourné et s'est présenté au palais du roi son père pour permettre aux membres de la famille royale de faire don de nourriture, après avoir mis fin à leur hostilité.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

. Bouddha du jeudi (Position du Bouddha en méditation)
Le Bouddha en position assise, les deux mains jointes, la main droite posée sur la main gauche. Après avoir découvert les quatre Nobles Vérités (la souffrance, la cause de la souffrance, la cessation de la souffrance, la voie octuple), le Bouddha est encore resté en méditation profonde durant sept jours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6. Bouddha du vendredi (Position de la circonspection du Bouddha)
Station debout, les deux mains croisées sur la poitrine, la main droite posée sur la main gauche. Après sa découverte du Dhamma, le Bouddha fut rempli d'hésitation devant la difficulté à communiquer son enseignement au monde. Il était sur le point d'y renoncer, quand Brahma descendit du ciel et le pria de persévérer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7. Bouddha du samedi (Position du Naga protégeant le Bouddha)
Le Bouddha est en position assise, faisant le mudra de la méditation, la main droite tournée vers le dessus posée sur la main gauche. Il est assis sur le corps de Mucchalinda, le roi des Nâgas, enroulé sept fois sur lui-même. Celui-ci le protège des intempéries avec ses sept têtes en éventail.

 

 

 

 

 


Photomontage: Jean-Paul Zink

Scorpions, sauterelles graciles, vers charnus
et autres gros cafards craquants sous la dent...

[Crédit photo: Jean-Claude Lerebourg]


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La quiche aux vers, repas de demain, 
selon des chercheurs néerlandais

WAGENINGEN (Pays-Bas) (AFP) - 20/01/11

"Un goût... de noisettes": Walinka van Tol, étudiante néerlandaise, mord dans un chocolat d'où dépasse un ver, la protéine du futur, selon des chercheurs néerlandais persuadés que les insectes finiront par remplacer la viande dans nos assiettes.


Une personne mange une tartelette aux vers

             "Le jour viendra où un Big Mac coûtera 120 euros et un Bug (insecte en anglais, NDLR) Mac 12 euros, où les gens qui mangent des insectes seront plus nombreux que ceux qui mangent de la viande", a prédit l'entomologiste Arnold van Huis, au cours d'une conférence à l'université de Wageningen (centre des Pays-Bas).

              Walinka van Tol et 200 autres curieux jouaient ce soir-là aux cobayes pour l'équipe de scientifiques de Wageningen qui mène des recherches sur les insectes en tant que source de protéine alternative à la viande, meilleure pour la santé et l'environnement.

            A la pause, le public s'est rué vers le buffet. Rouleaux de printemps aux sauterelles, ganache au chocolat et aux larves, quiche aux vers de farine ont été rapidement engloutis.

Mais Marcel Dicke, le chef du département d'entomologie de l'université de Wageningen, sait qu'il faudra plus qu'un ver enfoui dans un chocolat pour changer la mentalité occidentale.

            "Le problème est là", dit-il à l'AFP, un doigt sur la tempe. "Les gens croient que c'est sale", explique-t-il, devant une exposition de moucherons, guêpes, termites et coccinelles, quelques-unes des 1.200 espèces d'insectes comestibles.

"Nous devons manger moins de viande ou trouver une alternative", assure le chercheur qui affirme manger régulièrement des insectes en famille.

              Selon l'agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), la planète comptera 9 milliards d'habitants en 2050 alors que la superficie des terres agricoles a déjà commencé à diminuer.

              Les insectes sont riches en protéines, pauvres en graisse et avec dix kilos de végétaux, on produit six à huit kilos d'insectes, contre un kilo de viande seulement.

            Abondants, ils rejettent peu de gaz à effet de serre et de lisier, et ne transmettent pas de maladies à l'humain qui les consomme.

          "La question à se poser devrait vraiment être: pourquoi ne pas manger d'insectes?", estime Marcel Dicke en citant une étude selon laquelle chacun mange, à son insu, en moyenne 500 grammes d'insectes par an, dissimulés dans de la confiture de framboises ou du pain par exemple.

             Environ 500 variétés d'insectes sont consommées au Mexique, 250 en Afrique et 180 en Chine, où ils sont souvent considérés comme des mets très délicats, souligne Arnold van Huis l'entomologiste.

             Installé à Deurne (sud-est des Pays-Bas), Roland van de Ven produit plus d'1,2 tonne de vers de farine par semaine, destinés à des zoos et des animaleries mais pas seulement : 1 à 2% d'entre eux sont réservés à la consommation humaine.

            La demande augmente, souligne-t-il en passant la main dans les vers qui grouillent dans l'une des innombrables caisses en plastique empilées jusqu'au plafond du hangar. Il en a vendu 900 kilos en 2010, contre 300 kilos en 2008, via un site internet et un grossiste du secteur de la restauration.

"Lorsque vous voyez un insecte, il y a un blocage. C'est différent si les insectes sont transformés et deviennent invisibles dans les aliments", assure Roland van de Ven. © 2011 AFP

Thailande : Koh Sichang, l'anti-Pattaya
Sacha Duroy | Gavroche | 01/08/2013

Vous aimez enchaîner la tournée des boîtes après celle des plages ? Vous n’envisagez pas votre soirée sans un cocktail sophistiqué dans une ambiance lounge et climatisée ? Passez votre chemin, la modeste Koh Sichang risque de vous ennuyer. Si en revanche vous recherchez un dépaysement moins frelaté, l’île s’impose comme une destination de choix pour une escapade de quelques jours. Sept raisons d’aller y faire un tour.

 

1 - LA PROXIMITÉ

Koh Sichang, c’est la porte à côté, pour les résidents de Bangkok du moins. a 1h30 de la gare routière d’Ekamai, elle coiffe largement Koh Samet au poteau de « l’île la plus proche de la capitale » : 45 minutes de bus (climatisé) pour Si Racha, quelques minutes de tuk-tuk pour se faire convoyer au port, et 3⁄4 d’heure de bateau plus tard, vous voilà au Tha Laang Pier, avant-poste du village situé juste derrière.

2 - L’AUTHENTICITÉ

Car non, Koh Sichang ne se résume pas à une côte bardée de resorts (ce n’est d’ailleurs absolument pas le cas, la topographie très abrupte de la côte ne se prêtant guère aux opérations immobilières), et l’île ne semble pas (trop) souffrir de tourismo-dépendance. D’ailleurs, une fois passé le classique comité d’accueil des bataillons de skylab (tuk-tuk insulaires) vous hélant de leur non moins classique « Where are you go ? », vous verrez : les sollicitations se font très rares. Et le village abrite encore, dans ses ruelles les plus étroites, une communauté de pêcheurs peu concernés par votre présence.

3 - LES SAVEURS LOCALES

Vous, en revanche, risquez fort d’avoir envie de les embrasser après avoir goûté l’un ou l’autre des fruits de leur labeur : les calmars de Koh Sichang sont particulièrement réputés, mais laissez également une chance aux crabes, suffisamment goûteux pour résister au mariage avec le curry jaune sans y perdre leur identité, ainsi qu’aux bars, eux aussi plutôt subtilement cuisinés. où les déguster ? Peu importe, les prix ne varient guère d’un endroit à un autre, et partout ils brillent par leur modération. au village, les restaurants avec terrasse sur pilotis donnant sur la mer (première à droite en sortant du port) constituent une bonne option. Plus élégant – et finalement pas beaucoup plus cher en ce qui concerne la nourriture – le délicieux restaurant de Pan & David, à la sortie du village en direction de l’ancien palais, permet d’arroser son poisson du verre de vin approprié, issu d’une sélection soignée. a moins que vous ne préfériez rejoindre la – toute relative – foule de l’autre côté de l’île pour déguster vos fruits de mer grillés sur la plage.

4 - LA PLAGE

Oui, « la » plage : il n’y en a qu’une sur l’île, la jolie hat Tham Phang, d’où le léger « effet entonnoir » susmentionné ; très prisée en fin d’après-midi, elle concentre et mélange dans une ambiance bon enfant étudiants hilares après leurs exploits en « jet-canot pneumatique », couples in a romantic mood et familles de baigneurs. Tout ce petit monde trouve à s’installer dans les chaises longues suffisamment nombreuses des deux établissements de la plage, et l’atmosphère se fait contemplative lorsque le soleil lance ses derniers feux avant de disparaître dans la mer en embrasant le ciel d’un spectaculaire dégradé de fushias. Si vous souhaitez assister à ce spectacle dans un cadre plus intime, la terrasse des Sripitsanu Bungalows, plus au nord sur la côte ouest, constitue également une bonne option (et comporte une petite plage en bas des marches, accessible seulement à marée basse cependant

5 - L'HISTOIRE

L’attrait de Koh Sichang ne se cantonne pas à ses activités balnéaires ; elle offre même un nombre de lieux de visite remarquable compte tenu de sa petite taille. Le joyau en est certainement le parc de l’ancien palais, écrin originel de la résidence royale Vimanmek avant son déplacement au parc Dusit de Bangkok en 1900. on retrouve dans l’aménagement de ce parc l’influence européenne qui présidait aux choix architecturaux du roi Chulalongkorn (rama V) : succession de terrasses, de balustrades en pierre et de bassins artificiels, le tout ménageant des vues superbes sur la mer. Quelques jolis pavillons autrefois dédiés à l’accueil des invités de la famille royale témoignent encore du passé prestigieux de l’endroit ; l’un d’entre eux, en surplomb, présente une série de portraits royaux et princiers et rappelle la vocation initialement curative de cette résidence d’été, l’air vivifiant de l’île ayant été jugé favorable à la santé précaire d’un des – nombreux – enfants du souverain. Plus au nord de l’île, impossible de manquer l’immense temple chinois, masse rouge à flanc de colline qui attire l’œil du visiteur dès son arrivée. Au prix de la montée d’une volée de marches, 7 on y découvre des grottes creusées dans la roche et abritant des statues de personnages quelque peu mystérieux (tel ce singe à béret de capitaine), objets d’une vénération fervente. On y observe des rites typiquement chinois, consistant par exemple à faire exploser des séries de pétards ou à faire rédiger sur des bandes de papier rouge des messages qui viendront s’ajouter aux milliers qui tapissent déjà les parois de la grotte. L’ensemble de ces scènes baignant dans une esthétique nettement différente de celle des temples thaïlandais, le dépaysement est assuré... de même que le souffle coupé si vous choisissez de poursuivre l’ascension de la côte en direction de l’empreinte de Bouddha, heureusement également accessible par la route.

6 - L’ACCESSIBILITÉ

La route justement constitue un atout majeur de l’île, et une différence de taille avec Koh Samet : bien que modeste et relativement étroit, cet ancien chemin s’avère bien pratique pour découvrir l’île en mobylette, puisqu’il est aujourd’hui bétonné et relativement peu engorgé. attention toutefois au ballet compliqué des triporteurs aux points clés tels que la plage précédemment citée : leurs capacités motrices renforcées leur permettent certes de gravir sans difficulté les nombreuses pentes de l’île – d’où leur surnom de « skylabs » – mais ne les dis- pense pas de prendre un peu d’élan avant de se lancer à l’assaut des plus raides !

6 - LE CHARME

Koh Sichang a-t-elle autant de charme que Koh Samet ? oui, même si ce charme est très différent car nécessaire- ment non (con)centré sur les plages. contraire- ment à beaucoup d’îles, Koh Sichang n’oppose pas un bord de mer paradisiaque à un intérieur que les touristes préfèreraient ne pas voir, et au- quel, de fait, ils tournent généralement le dos. La variété des paysages y est saisissante, rappelant tantôt les contrastes tout méditerranéens entre la mer et une falaise abrupte ou un éboulis rocheux qui vient à sa rencontre, tantôt d’ondoyantes prairies d’alpage ! Surtout, on y trouve ce qui manque tant à Bangkok : des parcs paysagés, à disposition de tous puisque parfaitement gratuits, qui permettent de se poser à l’ombre d’une sala perchée sur la falaise et de savourer un bon livre, le parfum des frangipaniers omniprésents, ou tout simplement le temps qui passe, face à un paysage marin époustouflant, même si à cent lieues du cliché habituel thaïlandais. Eh oui, il faut garder à l’esprit qu’on est dans le nord du Golfe de Thaïlande, qui plus est au large de Si Racha, principale plate-forme de redistribution des marchandises destinées à remonter le cours du fleuve. Si les centaines de bateaux à grue dont le noir et la rouille trouent le bleu de la mer incommoderont certains et leur donneront l’impression de gâcher leurs photos, d’autres apprécieront cette touche navale qui confère au paysage son originalité et, à l’image de toute l’île, son aimable étrangeté.



01/03/2008
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